Lors de sa longue et passionnante interview accordée à Tennis Actu, l’ancien 4e joueur mondial et ex‐directeur de Roland‐Garros, Guy Forget, a évoqué les chances de sacre d’Arthur Fils à Paris. Pour lui, il est encore trop tôt pour parler d’un successeur à Yannick Noah, dernier joueur français titré en Grand Chelem (Roland‐Garros 1983).
« Il fait partie aujourd’hui, c’est vrai, des outsiders à Roland‐Garros, qui peuvent prétendre aller peut‐être dans le dernier carré. En deuxième semaine, c’est sûr. Dans le dernier carré, peut‐être. Mais ce serait, je trouve, presque maladroit aujourd’hui de mettre la charrue avant les bœufs, de lui coller l’étiquette de remplaçant de Yannick Noah. Laissons‐le faire, se préparer, évoluer dans ce tournoi, en analysant chacun de ses matches — et j’espère qu’il y en aura beaucoup — avec lucidité et beaucoup d’enthousiasme, parce qu’il a un jeu qui est spectaculaire. Et puis s’il gagne dans la douleur, ce n’est pas grave. On espère qu’il récupérera bien pour le match suivant. Profitons de chacun des matches qu’il va jouer sans pour autant regarder le sommet. C’est comme un alpiniste qui partirait : ‘Je vais essayer de gravir l’Everest.’ Mais bon, il y a le camp de base, le camp numéro 2, le camp 3, le camp 4, et puis il faut les faire les uns après les autres. On ne gravit pas l’Everest comme ça du premier coup. Donc il faut beaucoup d’humilité, beaucoup de patience, beaucoup de persévérance aussi, pour pouvoir arriver peut‐être à un moment donné, un jour, au sommet. »




