Carlos Alcaraz n’était qu’à quelques points d’une nouvelle demi-finale en Grand Chelem à New York lorsque Ben Shelton a signé la plus grande victoire de sa carrière.
L’Américain a pris le meilleur sur l’Espagnol (6-7, 6-1, 6-3, 1-6, 7-6) au terme d’un combat de quatre heures et vingt-huit minutes. Il a conclu la rencontre à 3 h 33 du matin, sur le court Arthur-Ashe, pour décrocher sa place dans le dernier carré.
Ben Shelton scores the biggest win of his career and a spot in the US Open semifinals! pic.twitter.com/2PCndRLcpL
— US Open Tennis (@usopen) September 9, 2026
Greg Rusedski estime qu’Alcaraz aurait pu rendre la tâche bien plus difficile à son adversaire gaucher. L’ancien finaliste de l’US Open a notamment souligné une différence tactique devenue de plus en plus importante au fil de ce marathon.
Plutôt que de chercher son salut dans de longs échanges du fond du court, Ben Shelton s’est régulièrement avancé pour prendre l’initiative. Carlos, lui, est souvent resté très loin derrière sa ligne de fond, notamment au retour.
Selon Greg Rusedski, cette position a permis à l’Américain de disposer de trop de temps et de multiplier les possibilités offensives. À ses yeux, Alcaraz aurait dû réduire cet espace au lieu de laisser le puissant serveur dicter les échanges.
Shelton a trouvé la position qu’il recherchait
Alors que Ben Shelton ne cessait d’avancer pour attaquer et monter au filet, Carlos Alcaraz restait souvent en retrait afin de gagner un peu de temps pour réagir. Mais cette attitude a permis à son rival de mieux lire le court et de diriger ses frappes avec précision.
Les deux joueurs ont frappé un nombre comparable de coups gagnants, mais l’Américain a commis nettement moins de fautes directes, ce qui a fait la différence. Le gaucher est monté quelques fois de plus au filet que le tenant du titre, mais il a surtout donné l’impression d’être le joueur le plus déterminé sur le court.
Pour Rusedski, c’est là qu’Alcaraz a commis une petite erreur tactique, mais importante, notamment dans les moments décisifs. Plutôt que de s’engager dans de longs rallyes, le joueur local a pris des risques, accéléré ses frappes et maintenu la pression sur son adversaire.
Sinner montre la voie à suivre
Greg Rusedski a également évoqué Jannik Sinner comme point de comparaison intéressant. L’Italien connaît une réussite remarquable face à ce gaucher, puisqu’il l’a battu lors de chacune de leurs confrontations.
La capacité de Jannik Sinner à anticiper les intentions de Ben Shelton, à entrer dans le court et à prendre la balle tôt réduit le temps de réaction de l’Américain et limite les options qui s’offrent à lui.
Shelton a énormément progressé, mais Sinner sait toujours exploiter les schémas de jeu qui correspondent le mieux à ses qualités. Au plus haut niveau, ces quelques fractions de seconde peuvent complètement changer le cours d’un match.
Cela ne retire toutefois rien à la victoire de Ben Shelton face à Carlos Alcaraz. L’Américain a dominé le septuple champion en Grand Chelem dans les deuxième et troisième sets, avant de garder son sang-froid dans la manche décisive.
Shelton a refusé de laisser son adversaire s’installer dans les schémas qui lui avaient réussi lors de leurs trois précédentes confrontations. Il a constamment cherché des solutions pour prendre le contrôle des échanges.
Pour Rusedski, la leçon à retenir pour Alcaraz ne consiste pas tant à modifier son jeu qu’à ajuster sa position sur le court face à ce type d’adversaire explosif.
En laissant à un joueur aussi agressif l’espace nécessaire pour attaquer, l’Espagnol a fini par en payer le prix.
« Carlos was standing deep on the return, whereas Ben didn’t hesitate to step forward and frequently come to the net. It’s a good thing we have someone who attacks the net. If you try to stay at the baseline against the Spaniard, you will almost certainly lose.
We thought Carlos was playing well enough to win, but Ben proved us wrong and deserves his spot in the semi-final. I think Carlos made a slight tactical error. I don’t want to be too harsh, but if you give Ben that much time by standing so far back, you aren’t taking away the space he needs to hit his shots.
When you think about it, that gives Shelton plenty of options – he can serve and volley or try to attack right off the first shot. That’s why I would like to see the Spaniard try positioning himself a bit further forward in situations like that, the way Jannik does.
And that’s also why Jannik plays so well against Ben, thanks to the way he reads the game, steps into the court, and hits the ball with anticipation, » Greg Rusedski said.




