Retraité depuis un an, Fabio Fognini n’a rien perdu de son franc-parler. De retour à Wimbledon pour le tournoi des légendes, l’ancien numéro 7 mondial a livré un regard sans détour sur le tennis actuel. Entre Carlos Alcaraz, Jannik Sinner et Novak Djokovic, l’Italien voit une nouvelle génération prendre le pouvoir… mais refuse d’enterrer le dernier membre du Big Three.
Pour Fognini, le circuit vit une transition fascinante. D’un côté, Alcaraz et Sinner portent le tennis vers une nouvelle ère avec une rivalité qui fait déjà vibrer les foules. « C’est un plaisir de les regarder jouer », glisse l’Italien, convaincu que les deux hommes sont en train d’écrire le prochain grand chapitre de ce sport.
L’absence d’Alcaraz, blessé au poignet depuis plusieurs mois, laisse pourtant un vide. Fognini comprend parfaitement la prudence de l’Espagnol et estime qu’un retour précipité n’aurait aucun sens à ce stade de sa carrière. À 23 ans, l’essentiel est ailleurs : retrouver son meilleur niveau, pas brûler les étapes.
Mais celui qui attire encore le plus son attention reste Novak Djokovic.
La recherche du saint-graal
À 39 ans, alors que beaucoup s’interrogent sur les raisons qui poussent encore le Serbe à continuer, Fognini n’a aucun doute : « Je le connais très bien. C’est quelqu’un de formidable et c’est un vrai plaisir de le voir encore évoluer au plus haut niveau. Mais je suis convaincu qu’il y a une raison bien précise qui le pousse à continuer. Mon plus grand souhait est de le voir remporter un nouveau titre du Grand Chelem. Je suis persuadé que c’est exactement ce qui le motive encore aujourd’hui. Si je connais bien Novak, c’est ce rêve qui continue de le faire avancer. «
Pas les records, pas l’argent, pas la popularité. Selon l’Italien, Djokovic poursuit un seul objectif : décrocher ce 25e titre majeur qui le placerait définitivement seul au sommet de l’histoire. Une ambition que Fognini comprend mieux que quiconque après avoir partagé le vestiaire du Serbe pendant près de vingt ans.
L’ancien vainqueur du Masters 1000 de Monte-Carlo observe désormais le circuit avec un regard différent. La compétition ne lui manque pas vraiment. Il préfère aujourd’hui une vie plus simple, consacrée à sa famille, loin des avions et des hôtels qui ont rythmé son quotidien pendant deux décennies.
Son retour à Wimbledon n’a donc rien d’un appel du pied. C’est celui d’un ancien champion qui regarde le tennis évoluer sans nostalgie.
Et s’il ne devait retenir qu’une image de l’avenir, ce serait celle-ci : Alcaraz et Sinner prêts à dominer la prochaine décennie… pendant que Novak Djokovic tente une dernière fois de repousser les limites de l’histoire.




