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Fab Five, Magic, Shaq, Kobe, Dirk… Nick Van Exel sort la boîte à souvenirs

NISPORT STAFF Par NISPORT STAFF
19 juillet 2026
dans Basketball
Temps de Lecture :9 min de lectures
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Fab Five, Magic, Shaq, Kobe, Dirk… Nick Van Exel sort la boîte à souvenirs
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Petit meneur ultra-rapide, spectaculaire en pénétration et adepte des tirs impossibles, Nick Van Exel n’a participé qu’une fois au All-Star Game, en 1998. Cette année-là, les Lakers avaient placé quatre joueurs parmi les étoiles avec Shaquille O’Neal, Eddie Jones et Kobe Bryant, alors âgé de seulement 19 ans.

Que ce soit à Los Angeles, Denver, Dallas ou, dans des rôles plus limités, à Portland et San Antonio, le gaucher a laissé de douloureux souvenirs aux défenses adverses. Et quelques formules entrées dans la culture populaire.

Joueur de grands rendez-vous, Nick Van Exel avait commencé à construire sa réputation en écœurant les Sonics au premier tour des playoffs 1995. Devenu plus tard un sixième homme de luxe, il avait également joué un rôle majeur dans le parcours des Mavericks jusqu’en finale de conférence en 2003.

« Je me suis élevé moi-même »

Pourtant, le gamin de Kenosha, dans le Wisconsin, ne s’imaginait pas atteindre un jour la NBA. Élevé par une mère célibataire, il grandit sans figure paternelle et passe l’essentiel de son temps libre sur les playgrounds.

« Mon rêve, à ce moment-là, c’était simplement de jouer en NCAA et de participer au tournoi final », raconte-t-il dans le podcast Tidal League de Tony Allen et Zach Randolph. « À Kenosha, on n’avait aucun modèle qui était allé en NBA. En revanche, j’avais vu Isiah Thomas et Mark Aguirre jouer dans le tournoi NCAA. »

Sa mère travaillant l’après-midi, Nick Van Exel apprend rapidement à se débrouiller seul. Une indépendance qui va aussi nourrir son caractère rebelle.

« Je rentrais de l’école vers 14h00 ou 14h30 et ma mère partait travailler à 15h30. Après ça, j’étais plus ou moins seul. Je m’enfermais dans ma chambre ou j’allais retrouver les gars du quartier. Je me suis élevé moi-même, pour ainsi dire. Et ça m’a joué des tours parce que je détestais l’autorité. Je ne supportais pas qu’un coach ou un assistant vienne mettre son nez dans mes affaires. »

Cette relation compliquée avec l’autorité lui vaudra quelques dérapages, notamment avec les arbitres et certains de ses entraîneurs.

Le détour obligatoire par le Junior College

À 1m85, Nick Van Exel observe les petits meneurs capables de survivre parmi les géants. Isiah Thomas, Tiny Archibald ou Earl « The Pearl » Monroe nourrissent son imagination, même s’il refuse de copier un joueur en particulier.

« Mon joueur préféré de tous les temps, c’est Earl “The Pearl” Monroe. Son dribble intérieur-extérieur était méchant. Je n’ai pas modelé mon jeu sur eux, mais je les observais attentivement et j’ai pris quelques trucs aux uns et aux autres. »

Peu recruté à sa sortie du lycée, il doit passer par Trinity Valley Community College, au Texas. Son arrivée tourne immédiatement à l’aventure : sans argent, il atterrit à Houston alors que son entraîneur l’attend à Dallas.

Le programme lui promet alors une association spectaculaire avec Shawn Kemp. Mais une semaine plus tard, Van Exel apprend que le futur intérieur des Sonics a décidé de s’inscrire à la Draft NBA.

« On m’avait vendu du rêve en me disant que Shawn Kemp était là et que je n’aurais plus qu’à lui envoyer le ballon en l’air. J’étais chaud ! Une semaine plus tard, j’ai appris qu’il partait à la Draft. J’étais vert, mais j’étais engagé. »

À plusieurs reprises, il envisage de rentrer dans le Wisconsin. Sa mère l’en dissuade fermement.

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« Elle m’a dit : “Tu vas finir comme tous les paumés du quartier, à boire et à fumer toute la journée.” J’ai voulu abandonner plusieurs fois, mais ses paroles m’ont obligé à rester et à persévérer. »

Le Fab Five sur la route du Final Four

Après deux années à travailler son jeu et ses résultats scolaires, Nick Van Exel rejoint Cincinnati et Bob Huggins. Dès sa première saison, il réalise son rêve en participant au Final Four 1992.

Les Bearcats sont éliminés en demi-finale par Michigan et son légendaire Fab Five, composé de Chris Webber, Jalen Rose, Juwan Howard, Jimmy King et Ray Jackson.

« Tous ceux qui ont joué en NCAA vous le diront : disputer un Final Four, c’est un truc de malade. Tout le monde vous adore sur le campus et la ville entière est en folie. Affronter le Fab Five, c’était quelque chose. Dans le feu de l’action, on ne pensait pas à leur héritage, à leurs chaussettes ou à leur style. On voulait simplement leur rentrer dedans. Mais ce sont probablement les meilleurs moments de ma vie de basketteur. »

À ce stade, Nick Van Exel ne pense toujours pas sérieusement à la NBA. Sa perception change lorsqu’il découvre son visage en couverture de plusieurs journaux locaux.

« Je me disais : “Mais c’est moi, ça ?” Ma cote commençait à monter dans les prévisions de Draft. Jusque-là, je ne pensais qu’à jouer. Jamais, pas une fois, je n’avais pensé à la NBA. »

Treize workouts et quelques catastrophes

Malgré ses 18 points et 4 passes de moyenne lors de sa dernière saison à Cincinnati, les franchises NBA restent méfiantes. Sa taille pose question, tout comme une réputation de « bad boy » renforcée par certains workouts.

À Seattle, il arrive avec une casquette de Duke sans savoir que George Karl est un ancien de North Carolina. Le meneur refuse ensuite de se donner à fond dans les exercices physiques imposés par le coach des Sonics.

« George Karl m’a dit : “Tu sais que tu joues pour changer le cours de ton existence ? Le prochain tour, fais-le à fond.” Je lui ai répondu : “Coach, je vais être honnête, le prochain tour sera mon dernier. Je vais terminer en douceur.” Il s’est levé et il est parti. »

Nick Van Exel retrouve alors Shawn Kemp, qu’il devait côtoyer quelques années plus tôt au Junior College.

« Shawn est venu me voir et m’a dit : “Ne t’inquiète pas pour George, qu’il aille se faire voir !” »

Il manque également un workout avec Charlotte après avoir passé la nuit à jouer à un jeu vidéo de baseball. Pour justifier son absence, il invente un accident de voiture.

« J’étais jeune et con, c’était n’importe quoi. J’ai finalement fait un autre workout pour Charlotte le jour de la Draft et j’étais en feu. Mais le soir, j’ai arrêté de regarder après le 22e choix. J’étais dans la cuisine de mon appartement étudiant à m’envoyer des shots avec un ami. »

Son agent finit par l’appeler pour l’informer que Jerry West s’apprête à le sélectionner en 37e position.

« J’étais bourré quand Jerry West m’a appelé sur mon téléphone à clapet. Et c’était parti ! »

Magic Johnson sans patience

Sous-estimé pendant toute sa jeunesse, Nick Van Exel débarque finalement sur l’un des plus grands marchés de la NBA. Les Lakers sortent alors d’une saison 1993/94 durant laquelle ils ont manqué les playoffs pour la première fois en dix-huit ans.

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Magic Johnson termine cette campagne sur le banc, avec une expérience de seulement seize matchs comme entraîneur. Nick Van Exel découvre ainsi les difficultés rencontrées par un génie du jeu lorsqu’il doit transmettre sa vision à des joueurs moins talentueux.

« Magic était super cool comme coach. Il nous laissait jouer, mais il avait aussi sa propre vision. C’est difficile de passer de joueur dominant à entraîneur et de gérer des gars qui ne voient pas le jeu aussi bien que vous. Il n’avait pas beaucoup de patience avec nous. »

Après une mauvaise série, Magic Johnson rassemble ses joueurs à l’extérieur avant un entraînement.

« Il nous a demandé de prendre une grande respiration. Puis il a dit : “L’air californien est bon, n’est-ce pas ? Profitez-en, car certains d’entre vous viennent de prendre leur dernière inspiration ici. Demain, des échanges vont être annoncés.” »

Kobe voulait déjà défier tout le monde

Trois ans après l’arrivée de Nick Van Exel, les Lakers récupèrent Kobe Bryant lors de la Draft 1996. Eddie Jones, passé par Temple et originaire de la région de Philadelphie, connaît déjà la réputation du lycéen de Lower Merion.

« Eddie nous disait que Kobe était incroyable. Kobe se voyait comme un joueur de un-contre-un et il voulait dégommer tous les gars sur son chemin : Eddie, Anthony Peeler, Cedric Ceballos… Il était jeune et voulait mettre ses 15 ou 20 points. »

Ce décalage entre l’ambition du jeune Kobe Bryant et celle de vétérans prêts à gagner immédiatement empêche le groupe de trouver le bon équilibre.

Mais son éthique de travail impressionne déjà Nick Van Exel, qui côtoiera ensuite Dirk Nowitzki et Manu Ginobili.

« Dirk et Manu sont deux gars qui travaillaient énormément, mais Kobe était encore largement au-dessus. »

Le malentendu avec Shaquille O’Neal

Personnalité volcanique, Nick Van Exel reste également associé à la fameuse expression « 1, 2, 3, Cancun ! », prononcée alors que les Lakers étaient en grande difficulté face au Jazz pendant les playoffs 1998.

Le meneur reconnaît les faits, mais estime que la phrase a été sortie de son contexte. Sa relation avec Shaquille O’Neal s’était déjà détériorée après une publicité à laquelle il avait renoncé au dernier moment.

« Shaq m’avait demandé longtemps à l’avance de faire une publicité avec lui et j’avais accepté. Mais les mois ont passé, puis quelqu’un de son entourage m’a appelé un matin pour me dire que c’était ce jour-là. C’était un jour de repos et je ne voulais pas sortir de chez moi. Derek Fisher a accepté de me remplacer. Après ça, j’ai senti que ce n’était plus pareil avec Shaq. »

Lorsque Los Angeles se retrouve mené 3-0 par Utah, Nick Van Exel lance sa formule devenue célèbre.

« J’ai dit “1, 2, 3, Cancun” parce qu’on ne voulait pas retourner à Utah pour perdre 4-1. J’ai été désigné comme la brebis galeuse alors que j’étais celui qui organisait les réunions entre joueurs quand ça n’allait pas. »

Échangé à Denver pendant l’été, il en veut surtout à Jerry West, qui lui avait assuré qu’il ne serait pas transféré.

« Le pire, c’est qu’ils m’ont envoyé à Denver, l’une des plus mauvaises équipes de la Ligue à l’époque. Quand Jerry West est venu me serrer la main dans le vestiaire, je ne voulais pas lui faire cet honneur. Je suis resté remonté contre lui et les Lakers pendant longtemps. »

Denver, la « deuxième division » de la NBA

Dans le Colorado, Nick Van Exel compile les meilleures statistiques de sa carrière. Il tourne à 18 points et 8 passes en 2000/01, puis dépasse les 21 points de moyenne la saison suivante.

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Mais collectivement, les Nuggets restent loin des playoffs.

« Je suis tombé dans ce que j’appelle la deuxième division de la NBA. Celle où on ne joue pas les playoffs et où on peut faire ses valises après le All-Star Break. On avait du talent, mais l’équipe faisait constamment des échanges. »

Il garde néanmoins un excellent souvenir d’Antonio McDyess.

« McDyess avait tout. Il pouvait sauter très haut, il avait un tir à mi-distance et un tir en se retournant impossible à défendre. À l’époque, il y avait lui, Kevin Garnett, Tim Duncan, Chris Webber et Rasheed Wallace. À chaque fois qu’ils s’affrontaient à l’Ouest, on savait que ça allait bastonner. »

La peur du siècle contre Portland

Transféré à Dallas en 2002, Nick Van Exel retrouve enfin les grands rendez-vous. Devenu le joker offensif des Mavericks, il réalise plusieurs cartons pendant les playoffs 2003.

Au premier tour, Dallas mène 3-0 face à Portland avant de perdre trois rencontres consécutives. Les Blazers de Rasheed Wallace, Damon Stoudamire et Zach Randolph menacent de devenir la première équipe de l’histoire à remonter un tel déficit.

« C’est là que Z-Bo est sorti de sa boîte. On ne savait plus quoi faire. L’ambiance à Portland pour le Game 6, c’était la plus bruyante que j’aie connue. On ne pouvait pas s’entendre. Puis on est rentrés à Dallas pour le Game 7 avec une pression énorme sur les épaules. On serrait les fesses. »

Don Nelson finit même par abandonner certaines de ses convictions pour ralentir Zach Randolph.

« Le scouting report incluait désormais Randolph, un autre gaucher dont on ne savait que faire. On a fini par défendre en zone. Nellie a demandé de la zone, c’est dire ! »

Dallas survit et Nick Van Exel retrouve Damon Stoudamire, un autre petit meneur gaucher, rapide et scoreur.

« Je détestais jouer contre lui ! Quand il est arrivé à Toronto, il avait le feu vert ultime. Je me souviens qu’il m’avait mis 38 points. Pour le match retour à Los Angeles, je voulais prendre ma revanche, mais dès le deuxième quart-temps, les Lakers avaient mis Eddie Jones sur lui. Je dois reconnaître que ça ne m’avait pas déplu. »

De Magic Johnson à Kobe Bryant, de Shaquille O’Neal à Dirk Nowitzki, Nick Van Exel aura ainsi traversé plusieurs époques sans jamais perdre son franc-parler. Un parcours à son image : imprévisible et spectaculaire.

Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.

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