Ancien sélectionneur de l’équipe
de France, Raymond Domenech livre son analyse sur la nomination de
Zinédine Zidane.
Une franche réussite. Pour beaucoup d’observateurs,
Zinédine Zidane n’a pas manqué son premier grand oral en tant que
sélectionneur de l’équipe de France, mardi au siège de la FFF.
Une nomination qui ravit ses anciens coéquipiers, à l’image de
Bixente Lizarazu ou Laurent Blanc, mais aussi ses ex-entraîneurs.
Raymond Domenech, qui était sur le banc des Bleus lors de la
dernière campagne du joueur à la Coupe du monde 2006, se réjouit de
le voir prendre la relève de Didier Deschamps.
« C’est le poste dont tout le monde rêve, le poste qui
est au sommet d’une carrière d’un entraîneur. Sélectionneur de
l’équipe de France, c’est dur de faire mieux après, même si on
prend un grand club. C’est le graal, le poste suprême »,
confie-t-il à Ouest-France. Pour lui, « ZZ »
aura un net avantage: son passé. « Quand un ancien joueur
devient sélectionneur, il y a une protection sur le personnage,
encore plus pour Zidane. Dans la catégorie des joueurs de haut
niveau, il est dans le haut du chapeau. »
« Son aura a été confirmée au Real Madrid, où il a
gagné la Ligue des champions trois ans de suite. S’il n’avait
jamais été entraîneur, il y aurait eu une interrogation. Pas là. Il
a créé quelque chose, il a réussi à passer des
messages », ajoute l’ancien coach tricolore. Pour autant,
si cette image servira Zinédine Zidane dans un premier temps, il
sera jugé sur ses résultats. « Il y a de l’attente pour
l’équipe de France car il y a une génération exceptionnelle qui est
en place qui peut atteindre les sommets », dit-il.
Raymond Domenech prévient Zinédine Zidane
Raymond Domenech voit une forme de
« continuité » entre le départ de Didier
Deschamps, après quatorze ans de mandat, et l’arrivée de son ancien
coéquipier en bleu et à la Juventus. « Il arrive avec une
génération qui est bien, qui veut gagner des titres et continuer ce
qu’elle a fait. La vraie problématique, après une Coupe du monde,
c’est de voir où en sont les joueurs, prévient-il. Il faut
faire le bilan du niveau d’entrainement des uns et des autres avant
les premiers matches de septembre. »
« C’est le contact humain, cette relation qu’il faut
retrouver avec les joueurs. Il faut reprendre des choses qui ont
marché, être prêt à relancer un groupe qui a fonctionné. La
première chose est d’avoir un contact avec les leaders,
explique-t-il. L’essentiel du métier de sélectionneur, c’est
d’arriver en peu de temps à tirer la quintessence d’un groupe.
Zidane a ce vécu, cette expérience, cette notoriété pour passer des
messages. L’expérience nous donnera la réponse, mais on peut
supposer que oui. »




