En dénonçant un
« environnement devenu irrespirable », samedi, après son
dernier match avec les Bleus, Didier Deschamps a ouvertement pointé
du doigt la Fédération Française de Football.
Au moment d’officialiser la fin de sa longue et belle histoire
avec l’équipe de France, Didier Deschamps a eu des mots très forts
après la défaite concédée en petite finale face à l’Angleterre.
« Si j’ai décidé (de partir), ce n’est pas pour moi, je vous
le dis sincèrement, c’est pour le bien de l’équipe de France. Je ne
l’ai peut-être pas dit, je vais vous le dire en toute honnêteté, ce
n’est pas pour moi que j’ai pris cette décision. Parce qu’il y
avait un environnement qui était tellement irrespirable par rapport
à moi, l’équipe de France ne mérite pas ça », a-t-il ainsi lâché au
micro de M6.
Et si la sortie de Didier Deschamps a pu être interprétée comme
une attaque contre ses contempteurs, la vérité semble ailleurs. A
en croire RMC, cette déclaration choc a en réalité mis en
lumière une fracture béante avec la Fédération Française de
Football (FFF) et sa nouvelle direction.
La vengeance de Didier Deschamps
La détérioration des relations puise ses racines dans le
changement de présidence à la FFF. Protégé historique de Noël Le
Graët, qui lui avait offert une prolongation jusqu’en 2026 après le
Mondial au Qatar, Deschamps a progressivement perdu son totem
d’immunité avec l’arrivée de Philippe Diallo. Sous cette nouvelle
gouvernance, le sélectionneur s’est senti plus exposé face aux
critiques répétées sur le niveau de jeu des Bleus.
La fracture s’est accentuée ces derniers mois, à l’approche de
la Coupe du monde aux Etats-Unis. Une interview de Philippe Diallo
en mars dernier, évoquant publiquement le profil de son successeur,
a notamment été perçue par l’ancien capitaine de 1998 comme un
manque de respect et un désaveu manifeste.
Pendant la préparation et le déroulement du Mondial 2026 aux
États-Unis, les points de friction se sont multipliés, transformant
la cohabitation au sein du camp de base en une guerre froide entre
le staff et les dirigeants, notamment Erwan Le Prévost, directeur
général adjoint de la FFF, avec lequel Didier Deschamps a eu des
échanges parfois houleux.
Indispensable selon le staff pour faire face aux fortes chaleurs
américaines, l’installation d’un dispositif de cryothérapie a ainsi
d’abord été refusée par la FFF pour des raisons budgétaires,
provoquant la colère du sélectionneur tricolore. Il aura fallu une
intervention musclée de… Kylian Mbappé pour faire plier la
fédération. A cet effet, le coût du déplacement du comité exécutif
de la FFF (estimé à près de 120 000 euros) et les conditions
privilégiées accordées aux dirigeants ont également provoqué un vif
ressentiment, d’autant que le traitement réservé aux familles des
joueurs s’est avéré nettement moins prévenant.
De même avant le départ pour les États-Unis, Philippe Diallo a
annoncé lors d’un déjeuner à l’Élysée que les primes ne seraient
attribuées qu’à partir d’une qualification en demi-finale, rompant
avec les usages passés et provoquant une réplique cinglante de
Mbappé à l’adresse du président.
En dénonçant cet atmosphère délétère, prégnant tout au long de
la compétition, Didier Deschamps a visiblement voulu avoir le
dernier mot.




