Dans le basket universitaire actuel, certains choix auraient semblé impensables il y a encore quelques années. Pressenti pour être sélectionné dans le Top 15 de la Draft 2026, Thomas Haugh a finalement décidé de rempiler pour une quatrième saison à Florida.
Un choix motivé par plusieurs facteurs : la qualité de vie, l’envie de finir le travail avec les Gators, mais aussi les nouvelles réalités économiques du sport universitaire, résumées par trois lettres : NIL. « J’ai réfléchi pendant trois ou quatre semaines. C’était vraiment serré », confie l’ailier.
Draymond Green dans la boucle
Après la saison, Thomas Haugh s’est offert une semaine de vacances à Hawaï avec sa petite amie, histoire de peser le pour et le contre. Durant cette période, il a multiplié les discussions avec ses proches, ses coaches et plusieurs personnalités du basket, dont Draymond Green.
Le quadruple champion NBA a même passé près de 45 minutes au téléphone avec lui. Son conseil ? « Il m’a dit qu’il reviendrait à l’université », révèle l’intéressé.
Mais une autre conversation a peut-être encore davantage compté. Sa mère, Jennifer, a échangé avec Cherie Clayton, la mère de Walter Clayton Jr, ancien leader des Gators devenu rookie NBA cette saison. De quoi rappeler que le monde professionnel n’a pas grand-chose à voir avec le cocon universitaire.
« La vie en NBA, ce n’est pas une blague », explique Thomas Haugh. « Vous pouvez être transféré n’importe quand. Ce n’est plus les repas tous les soirs avec vos amis ou les voyages entre coéquipiers. C’est un boulot. »
Un calcul financier devenu possible
Sportivement, Thomas Haugh aurait pu être appelé autour de la 15e place, avec un contrat rookie estimé entre 20 et 25 millions de dollars sur quatre ans. Mais le contexte NIL a changé la réflexion.
Selon plusieurs estimations, le leader de Florida pourrait toucher près de 7 millions de dollars sur la saison grâce à ses contrats liés à son nom, son image et sa popularité. Autrement dit, rester un an de plus à l’université lui permet de sécuriser des revenus immédiats très élevés, sans renoncer à son avenir NBA.
« C’est fou, mais c’est une chance ! », reconnaît-il. « Florida investit énormément en moi et je veux rendre cet investissement sur le terrain. »
Le titre ou rien
Au-delà de l’argent, impossible à négliger, Thomas Haugh voulait aussi repartir à la conquête du titre. Champions NCAA en 2025, les Gators avaient abordé la saison 2025/26 avec de grandes ambitions, avant de tomber dès le deuxième tour du tournoi NCAA face à Iowa.
Une sortie prématurée qui a pesé dans sa décision. « Si on avait été loin dans le tournoi, nous aurions probablement eu moins de chances de le récupérer », estime Todd Golden, le coach de Florida. « C’est dans sa nature compétitive. Il veut laisser une trace à Florida. »
La bonne nouvelle pour les Gators, c’est que onze joueurs de l’effectif de l’an passé sont encore là, dont Alex Condon et Rueben Chinyelu. Pour Thomas Haugh, le message est donc simple.
« Les attentes sont encore plus élevées », conclut-il. « L’an dernier, c’était déjà le titre ou rien. Cette année, c’est exactement la même chose. »




