Après un second acte compliqué et une fin de match irrespirable, les Bleuets valident leur qualification au tour principal en l’emportant sur le Portugal (29-30). Ils croiseront le fer avec la Suisse et les Îles Féroé, arrivés en tête du groupe B.
Après sa frustrante défaite contre les champions du monde allemand et son succès contre les Grecs, les joueurs de l’équipe de France U20 sont confrontés au Portugal dans un match couperet dont le vainqueur validera son ticket vers le tour principal (un match nul étant favorable aux Portuguais de fait de leur plus large victoire contre les Grecs).
Pour ce duel décisif, le capitaine Salomon Sonko-Bazin fait ses débuts dans l’effectif (écarté lors des deux premières rencontres pour une gêne au pied). L’autre pivot et solide défenseur Vincent Gress-Hayet fait également son retour dans l’effectif, laissant Cyprien Sol et Antoine Curcio en tribunes.
Les ailiers Peyrabout & Félix-Andrieu portent l’entame de match
Les premiers instants donnent à voir des arrières portugais bien dans leur match, avec Rafael Vasconcelos et Joao Lourenço en tête de proue, qui ont déjà fait leurs preuves à l’échelon supérieur. Le second, arrière gauche de Nava, s’est déjà fait connaître en terminant meilleur arrière gauche du Mondial U21 l’été dernier (alors qu’il était surclassé) et en terminant meilleur buteur de la Liga Asobal cette saison. Face à ce bon démarrage lusitan, les Bleuets font le pari de prendre de vitesse le repli défensif ce qui permet à Yoni Peyrabout et Loan Félix-Andrieu, lancés en flèche, d’inscrire plusieurs buts « faciles » pour donner le change dans les premiers instants (5-5, 8′). Sur jeu placé, les hommes de Guillaume Joli souffriront de plusieurs pertes de balle mais vont rapidement régler la mire.
Dans le danger apporté, Tiago Martiano-Kremer va se montrer dans un registre dans lequel il s’était moins montré sur les premières rencontres avec plusieurs beaux tirs de loin. Il sera brillamment remplacé dans l’exercice après le quart d’heure de jeu par la belle entrée de Kénissa Triau-Betare. Dans un exercice dans lequel on le connaît plus, le Sarannais aura su faire parler sa puissance de feu avec plusieurs shoots de loin et un schwenker bien placé, plantant 3 buts dès son entrée. De l’autre côté du terrain, la défense resserrait les rangs avec des Sonko-Bazin ou Gress-Hayet qui ne font aucuns cadeaux au demi-centre Tiago Sousa ou à l’arrière gauche Gabriel da Costa Sequeira, malgré tout à l’initiative de nombre des solutions portugaises. Aussi, plus sérieux et constants des deux côtés du terrain, les Bleuets parviennent à se créer un écart de 4 unités 9-13, 21′). Ils manquent de l’élargir sur quelques approximations offensives ou tentatives de kung-fu, mais maintiennent leur matelas à la pause (13-17, 30′).

Roberto Geada, enfer des Bleuets dans le second acte
Pourtant, les Bleuets vont totalement déjouer au retour des vestiaires. Noé Thuillier manque deux jets de 7 mètres face à Rodrigo Geada, entré à la pause, et l’attaque placée se grippe. Les courses sont moins tranchantes, certaines passes hasardeuses, tandis que le Portugal saisit crânement sa chance. Le côté droite notamment fait feu de tout bois : Rafael Vasconcelos sur la base arrière et Hugo Carvalho à l’aile convertissent tous les ballons qui leur passent sous la main. Au bout d’une dizaine de minutes, l’addition est salée avec un 6-0 passée par les Portugais, provoquant le temps mort français (14-19, 31′ ; 20-19, 39′).
Au retour sur le terrain, les Bleuets mettent fin à 8 minutes de disette offensive par l’ailier chambérien Loan Félix-Andrieu, resserrent les rangs en défense et continuent de compter sur les bons arrêts du Dunkerquois Timothé Riss. Pour autant, les arrêts de Roberto Geada (5 parades à 50 % d’arrêts sur son premier quart d’heure de jeu) et la succession des pertes de balle françaises ralentissent la remontée. Avant l’arrivée du money time, et malgré un Félix-Andrieu qui arrange les siens et se montre impeccable face à la cage en seconde période (22-23, 47′), Vincent Gress-Hayet se fait bâcher à 6 mètres par le portier portugais tandis que Joao Lourenço – pas touché par la défense française – faisait parler la poudre pour remettre les siens devant (24-23, 50′).
Baradat, Riss & Félix-Andrieu en sauveurs
Dans une fin de match sous haute pression, l’entrée d’Alexandre Baradat va faire un bien fou pour l’attaque tricolore. Buteur dès son premier shoot, passeur décisif auprès de son arrière droit Samuel Dupuy ou auteur d’une passe de renversement lumineuse vers Peyrabout, il est le grand artisan des espoirs français au bout du tunnel de ce second acte (26-27, 57′).

À deux minutes du terme, Timothé Riss nous gratifie une nouvelle fois d’une impressionnante parade à 6 mètres et les hommes de Guillaume Joli ont une balle de +2. Le staff tricolore fait alors revenir Tiago Martiano-Kremer sur le parquet qui va, dès son retour, trouver le chemin des filets (26-28, 58′). Un enthousiasme de courte durée, Yoni Peyrabout étant exclu pour la troisième fois sur le repli défensif qui suit, tandis que Gress-Hayet retrouve aussi le banc pour 2 minutes pour contestation. Avec 1 minute et 46 secondes restant à jouer, les Bleuets terminent à 4.
Arranguant ses troupes tout au long du second acte, c’est Loan Félix-Andrieu – encore lui – qui parviendra à obtenir un jet de 7 mètres puis à le convertir pour faire souffler les spectateurs français (27-29, 59′). Au retour de leur temps mort, les Portugais perdent rapidement leur ballon, envoyant une munition à l’ailier Chambérien qui, comme un symbole, vient clore le suspens par son 7ème but (29-30).
Les Bleuets, qualifiés sans points avec l’Allemagne (2 points) pour le tour principal, croiseront le fer avec les deux formations qualifiées du groupe B : la Suisse et les Îles Féroé (la victoire de la Turquie contre la Serbie qualifie directement les deux équipes, avant même leur affrontement à 18h30). Des formations supposées inférieures à l’Allemagne voire au Portugal, mais qui peuvent compter sur une belle dynamique en poules et contre qui deux victoires seront sans doute impératives pour espérer voir les quarts de finale.
Statistiques
France. A. Baradat (2/2), T. Ducap, S. Dupuy (1/3), S. Durasnel (1/1), L. Félix-Andrieu (7/9, dont 2/2 pen.), V. Gildas (2/2), V. Gress-Hayet (0/1), T. Martiano-Kremer (4/5), T. Omeyer, Y. Peyrabout (7/7), L. Richard, S. Sonko-Bazin, N. Thuillier (3/5, dont 1/3 pen.), K. Triau-Betare (3/7). T. Riss (13/39, 33 %), W. Schultz (0/3, 0 %).




