Au terme d’un match accroché durant 60 minutes et un money time de tous les dangers, la France bat l’Allemagne de la plus petite des marges (28-29) et se qualifie en quarts de finale. L’adversaire sera connu plus tard dans la soirée mais pourrait donner lieu à un choc contre l’Espagne ou une revanche contre les Slovènes, déjà affrontés au tour préliminaire. Quel que soit l’adversaire, le match de jeudi demandera aux Bleuets de montrer le meilleur niveau.
Bien décidés à conserver leur seconde place, acquise face à la Serbie hier, les Bleuets savent qu’une victoire (voire un match nul) contre les Allemands sécurisent leur place en quarts de finale. En cas de défaite, il faudrait s’en remettre aux résultats des autres matchs pour ne pas finir 4ème ou plus mauvais 3ème des trois groupes.
Aussi, avec le même effectif que la veille, les Bleuets démarrent avec de bonnes intentions. La défense est en place et les premières attaques, plutôt fluides, trouvent bien le pivot de Créteil Ougninsa Aletcheredji qui score à 3 reprises dans les 5 premières minutes. L’exclusion d’un défenseur allemand, bien provoquée par le demi-centre français Felipe Garcia, va donner l’occasion aux hommes de Franck Prouff de creuser l’écart (4-4, 6′ ; 5-8, 10′). Et si les arrières allemands, Tim Bennet Thielicke à gauche (Magdeburg), Lenn Strobel au centre (Balingen) et Toma Gadza à droite (Hamburg) trouvent quelques solutions grâce à leurs qualités individuelles au shoot, le match se poursuit bien pour les Bleuets avec un Célio Bertin qui monte en chaleur entre ses poteaux (6 parades à près de 40 % d’arrêts à la 20ème minute). De l’autre côté du terrain, les Germaniques déploient une défense 5-1 très haute mais les Français – le gaucher Isaac Saillard en tête (4 buts dans le premier acte) – s’en donnent à coeur joie pour exploiter les intervalles ou servir leur pivot (9-14, 20′).
Les Bleuets perdent leur avance à la pause
Malgré tout, avec ces mêmes ingrédients, les Allemands vont parvenir à mettre les partenaires de Jacques Siwe en échec sur plusieurs attaques et en profiter pour combler l’écart. En attaque, Toma Gadza reste très juste à droite dans ses shoots ou son service au pivot tandis que Lenn Strobel provoque le temps mort de Prouff sur un impressionnant tir « bowling » qui ramenait les siens à 2 unités. Subissant un 5-1 sur les 5 dernières minutes (14-15, 25′), le coach français passe au jeu à 7 : la formation permettra de trouver plusieurs solutions intéressante de tirs mais plusieurs erreurs individuelles assombrissent le tableau. Des tirs manqués, une zone de Lucas Vaillant sur contre-attaque, et les Germaniques – toujours guidés par un Lenn Strobel intenable – remettent les deux équipes à égalité à la pause (16-16, 30′). Rattrapés, les Tricolores devront à nouveau marquer leur territoire au retour des vestiaires pour stopper la bonne dynamique allemande.

La reprise sera poussive pour les deux formations, mais les Bleuets tiennent bon. L’attaque met plusieurs minutes avant de se débloquer et les deux formations restent au contact (18-19, 36′). C’est finalement le demi-centre Montpelliérain Noé Calbry qui, entré à la pause et malgré une exclusion pour 2 minutes, va donner le souffle aux siens pour allonger l’écart en envoyant son ailier en contre-attaque suite à une interception, puis en trouvant lui-même la solution sur la montée de balle suivante (19-22, 39′). L’assise des Bleuets s’appuiera ensuite surtout sur sa défense, allongeant la durée des attaques germaniques et récupérant plusieurs ballons, bien convertis par un Edgar Laforce très en jambes dans le second acte. Aussi, sur le 5ème but d’Isaac Saillard, l’Allemagne, distancée de 5 longueurs à l’approche du money time, se voit contrainte de prendre son temps mort (20-25, 45′). La pause tactique ne profitera toutefois pas aux voisins d’Outre-Rhin : Célio Bertin s’oppose à un pénalty du gaucher Vincent Faciejew – impeccable dans l’exercice jusqu’alors – tandis qu’en face, le capitaine français Kelidjee Boisne-Noc se lance en mode bulldozer pour obtenir un jet de 7 mètres – bien converti par Zachary Dermigny – puis un but par lui-même sur l’action suivante (22-28, 51′).
Avec l’exclusion pour deux minutes d’Ougninsa Aletcheredji, le coach français pose un temps mort afin de sécuriser la fin de match (24-28, 53′). Car effectivement, dans les derniers instants, les Bleuets vont se mettre à jouer à l’envers : deux pertes de balle de Boisne-Noc, une de Jacques Siwe et les Allemands, par l’intermédiaire des inusables Toma Gadza (par deux fois) et Lenn Strobel, se rapprochent à seulement 2 petites unités en quelques minutes, relançant totalement le suspens (27-29, 57′). Au sortir de l’ultime temps mort allemand, l’ailier droit de Kiel Vincent Faciejew ramène les siens à 1 petite unité et le jeu se brouille pour les deux équipes. Les Français continuent d’enchaîner les pertes de balle mais les Allemands aussi et Célio Bertin les sauve d’une égalisation allemande. Aussi, au terme d’un money time plus que poussif et après le dernier temps mort de Franck Prouff, les Bleuets survivent jusqu’au gong pour s’imposer d’une courte tête (28-29). Le pivot de Magdeburg Malte Elze, essentiel pour ses arrières durant 60 minutes, est désigné meilleur allemand du match tandis que côté français, c’est le portier de Bruges Célio Bertin qui est acclamé par ses coéquipiers.
L’Espagne ou une revanche contre la Slovénie en quarts ?
Avec sa victoire, la France est assurée de participer aux quarts de finale en tant que 2nde du groupe I. Reste à déterminer son adversaire de jeudi prochain, qui dépendra du classement relatif de la France vis-à-vis des seconds des groupes II et III. Le meilleur second joue son quart contre le second meilleur second, tandis que le troisième – ou moins bon – second joue contre le « moins bon » premier de groupe. Le classement relatif des premiers entre eux et seconds entre eux s’effectue d’abord sur le nombre de points acquis au terme du tour principal, puis au goal average général.
Aussi, avec 4 points et un goal average de +2, la France sera nécessairement derrière l’Espagne, seconde du groupe III avec 4 points et +5. Reste ainsi à attendre le choc du groupe II entre la Hongrie (-3 de goal average général) et la Croatie (-6), dont le vainqueur prendrait la seconde place de son groupe, et dont l’écart déterminera sa place dans le classement. Si le vainqueur de ce duel reste à un goal average général inférieur à celui des Bleuets (+2), la France jouerait l’Espagne en quarts de finale. Si non, elle jouerait contre le moins bon premier, qui pourrait être la Slovénie , déjà jouée en poules (avant le dernier match, la Slovénie est à +6 de goal average général contre +14 pour le Danemark qui jouera les Féroé et +33 pour l’Islande qui a déjà terminé son tour principal). Verdict à venir ce soir au terme des derniers matchs du tour principal, vers 21 heures. Quelle que soit l’affiche, nul doute que les Français devront continuer d’élever leur niveau de jeu pour franchir l’obstacle et atteindre une demi-finale fixée en objectif avant le début du tournoi…




