AJ Dybantsa, Darryn Peterson, Cam Boozer… Les grands noms de la cuvée 2026 de la Draft vont bien faire le grand saut. Si Dybantsa, comme Cooper Flagg un an plus tôt, a un temps laissé planer un (maigre) mystère sur ses intentions, le joueur va bien quitter BYU. La majorité des joueurs attendus dans le Top 20 ont aussi déposé leur candidature, comme l’a confirmé la NBA dans une liste publiée lundi, trois jours après la « early-entry deadline ».
Ils sont 71 au total à avoir déclaré leur inscription pour la Draft, alors que les joueurs en fin d’éligibilité, comme les seniors en NCAA, ou les joueurs internationaux dans l’année de leurs 22 ans, sont inscrits automatiquement. Un chiffre toutefois en déclin, et à vitesse grand V.
The National Basketball Association (NBA) announced today that 71 players have filed as early entry candidates for NBA Draft 2026, which will be held Tuesday, June 23 (First Round) and Wednesday June 24 (Second Round) at Barclays Center in Brooklyn, New York. pic.twitter.com/GfV338yqsz
— NBA Communications (@NBAPR) April 27, 2026
Ils étaient 106 à pareille époque la saison dernière. On est loin, très loin même du record pourtant pas si vieux de 2021, année exceptionnelle notamment en raison des conséquences du Covid.
C’est aussi en 2021 qu’est entré en vigueur le NIL, le dispositif qui a permis aux joueurs universitaires de percevoir des revenus sans perdre leur éligibilité NCAA. Cinq ans plus tard, la chute est vertigineuse, de 353 inscrits aux 71 de cette promotion 2026. Il fallait remonter à 2012 pour trouver la trace d’un total aussi faible.
Le NIL a permis aux joueurs NCAA de monétiser l’attractivité qu’ils apportent à leur programme. Il a déjà complètement bouleversé les recrutements universitaires, attirant de plus en plus de joueurs étrangers, certains évoluant pourtant déjà chez les professionnels, et provoquant des transferts en pagaille à chaque intersaison. Voilà désormais un de ses autres effets en pleine démonstration : le championnat universitaire gagne en attractivité, plus encore pour certains joueurs dont la transition vers la NBA soulève des questions.
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L’exemple Thomas Haugh
Si les prospects attendus tout en haut de leur promotion ne sont pas vraiment touchés, c’est une toute autre histoire pour des joueurs au-delà de la lottery. Leur place dans la hiérarchie reste floue jusque tard avant les deux soirées de la Draft. Entre prendre le risque de glisser jusqu’en fin de premier tour, voire au deuxième tour sans contrat garanti, et rester un an de plus à la fac, avec des émoluments à sept chiffres garantis, le choix devient de plus en plus cornélien pour certains joueurs.
Thomas Haugh en est une illustration parfaite. Champion NCAA avec Florida en 2025, dans le meilleur cinq de la Conférence SEC la saison dernière, il était attendu autour des places 15 à 20 dans une grande majorité de prévisions de Draft. Mais l’ailier a choisi de rester une ultime saison chez les Gators pour tenter de faire remonter un peu plus sa cote en vue de 2027, année considérée comme plus faible. Et il fait d’une pierre deux coups, alors que cette décision va lui permettre d’assurer ses arrières financièrement.
« Haugh est attendu parmi les joueurs les mieux rémunérés du basket universitaire la saison prochaine », explique ainsi The Athletic. « Des sources proches de cette décision projettent qu’il devrait empocher environ ce qu’il aurait gagné lors de ses deux premières saisons NBA cumulées s’il avait été drafté autour du Top 20 cette saison. » Soit, sur la base de la grille salariale des rookies 2025/26, autour de six millions de dollars !
La saison dernière, Yaxel Lendeborg, annoncé en fin de premier tour de la Draft 2025, avait choisi de quitter UAB pour Michigan afin de poursuivre son développement. Le choix a été payant à plus d’un titre : il est devenu champion universitaire avec les Wolverines et semble destiné à être appelé parmi les 14 premiers choix en juin prochain. Le tout en décrochant autour des cinq millions de dollars cette saison selon CBS, somme qu’il n’aurait pu gagner que s’il avait été drafté dans le Top 10 quelques mois plus tôt.
Une tendance qui ne pourrait que s’accroître
Comme Thomas Haugh, Braylon Mullins (UConn) ou encore Patrick Ngonba II (Duke) ont choisi de privilégier pour le moment la voie universitaire alors qu’une place au premier tour leur tendait les bras.
Pour des joueurs évoqués au deuxième tour, sans l’assurance d’une place à plein temps dans un effectif NBA à la reprise, repousser d’un an leur inscription à la Draft est devenu un choix de plus en plus sensé, tant sportivement qu’économiquement. Et c’est tout un modèle qui se voit chamboulé, avec un nombre d’inscrits en diminution chaque saison.
La tendance ne semble pas prête de s’arrêter de sitôt, à mesure que le NIL attire de plus en plus de profils vers la NCAA. Ces dernières semaines, le meneur de Valence Jean Montero, 22 ans et encore éligible pour une année universitaire, a été approché par plusieurs universités avec des propositions à hauteur de quatre millions de dollars, selon le journaliste grec Sotiris Vetakis. Il a depuis été élu dans le meilleur cinq de la saison d’Euroleague. En France, le meneur de Cholet Basket Nathan De Sousa, All-Star et néo-international avec les Bleus cette saison, étudie de près un départ outre-Atlantique contre un chèque à sept chiffres, assurait Ouest-France, un an après avoir repoussé de premières approches.
Ces sommes pourraient progressivement croiser celles de nombreux joueurs draftés. Tyren Stokes, attendu parmi les favoris pour être le premier appelé lors de la Draft 2027, s’est engagé avec Kansas et touchera autour de sept millions de dollars grâce au NIL, en bonne partie via Nike, qui s’était assuré ses services un an plus tôt. Yaxel Lendeborg avait assuré en mars dernier à l’Associated Press avoir refusé une offre de Kentucky comprise « entre sept et neuf millions de dollars la saison ». Un pactole que seuls les deux premiers choix de la dernière cuvée, Cooper Flagg (Mavericks) et Dylan Harper (Spurs), ont dépassé.




