Ce 11 juin a rappelé de mauvais
souvenirs à l’équipe de France et à ses supporters. Grandissimes
favoris de la compétition, les Bleus avaient bu le calice jusqu’à
la lie à la Coupe du monde 2002. Malgré le retour de Zinedine
Zidane, ils avaient quitté la Corée du Sud sur une dernière défaite
face au Danemark.
Sur le toit du monde quatre ans plus tôt après une finale
inoubliable face au Brésil et vainqueur de l’Euro dans la foulée,
la France avait débarqué avec de très grandes ambitions en Corée du
Sud. Les Bleus l’ont pourtant quittée piteusement. Pour la deuxième
fois de l’histoire, le tenant du titre n’a même pas passé l’écueil
du premier tour, devant se contenter d’un maigre nul en trois
matches.
Pire, les hommes de Roger Lemerre, qui comptaient dans leurs
rangs le meilleur buteur de Premier League (Thierry Henry), le
meilleur buteur de Serie A (David Trezeguet) et le meilleur buteur
de Ligue 1 (Djibril Cissé) n’ont pas marqué le moindre but,
terminant avec un zéro pointé historique. Au coup d’envoi de leur
dernier match face au Danemark, les Bleus avaient pourtant encore
leur destin entre leurs mains: une victoire par deux buts d’écart
leur assurait en effet de se qualifier pour les huitièmes de
finale.
La rencontre s’est bien soldée sur un 2-0, mais en faveur des
Danois. Si les Bleus ont dû faire sans Thierry Henry, suspendu
suite à son exclusion face à l’Uruguay, ils enregistraient pourtant
le retour de Zinedine Zidane, forfait lors des deux premiers
matches en raison d’une blessure à la cuisse.
« On ne méritait pas d’aller en huitièmes de finale
«
Mais la présence du meneur de jeu tricolore, à 50% de ses
moyens, n’y a rien fait et ce malgré quelques opportunités dont un
magnifique coup franc qui allait frôler la lucarne. Tandis que
Marcel Desailly et David Trezeguet trouvaient les montants, pour
les 4e et 5e poteaux des Bleus en trois matches, Romendhal et
Tommasson profitaient des largesses défensives des Bleus pour
tromper Fabien Barthez et l’emporter 2-0.
« On ne méritait pas d’aller en huitièmes de finale »,
reconnaissait sans peine Roger Lemerre à l’issue de la rencontre.
Le successeur d’Aimé Jacquet qui avait déjà évoqué « une énorme
faute » après la défaite face au Sénégal lors du match d’ouverture,
ne cherchait pas d’excuses. Lilian Thuram était encore
plus lucide.
« Je crois que l’on vivait dans un cocon où l’on nous
faisait croire qu’on était déjà en finale. Le système de
starisation des joueurs de l’équipe de France nous a sans doute
éloignés du terrain. On s’est vus trop beaux. Quand on perd contre
le Sénégal, on se dit qu’on va se refaire contre l’Uruguay. Quand
on fait match nul contre l’Uruguay, on se dit qu’on a eu plein
d’occases et qu’on va en mettre deux contre le Danemark. Et quand
on perd contre le Danemark, on rentre à la maison », a-t-il
expliqué.




