Chaque retour de Carlos Alcaraz crée l’événement. Mais celui-ci a une saveur unique. Le numéro un mondial reprend la compétition à l’ATP Doha quelques semaines après avoir remporté l’Open d’Australie — un triomphe qui lui a permis de compléter le Career Grand Slam à seulement 22 ans.
Un début de saison parfait sur le papier. Mais Alcaraz ne vit pas dans les archives. Il vit dans le prochain match.
“C’est bon d’être de retour”
Après quelques semaines loin des tournois — mais pas loin du travail — le Murcien a remis de l’essence dans le moteur. Recharge physique, réglages ciblés, récupération mentale après l’intensité d’un Grand Chelem : “C’est bon de revenir sur le court. Je me suis bien entraîné. Évidemment, ce que j’ai fait en Australie a été incroyable pour moi et j’y pense encore un peu”, admet-il. Puis il enchaîne, fidèle à sa ligne : “Mais le tennis, c’est avancer tournoi après tournoi. Chaque tournoi est spécial et tu veux donner 100 %.”
Pas de tournée d’honneur. Juste la suite.
Rinderknech d’abord, le reste après
Son entrée en lice à Doha se fera contre Arthur Rinderknech, un adversaire qu’il domine dans les confrontations directes. Mais Alcaraz refuse toute facilité : “C’est un rival très dur. J’ai joué plusieurs fois contre lui et c’est toujours compliqué. J’ai vraiment hâte de disputer mon premier match ici cette année.” Service puissant, jeu agressif, surface rapide : le piège est réel. Et le tableau, selon lui, n’a rien d’un simple ATP 500 : “Je sais à quel point chaque match est difficile. Ce tableau est très relevé. Il suffit de regarder les affiches dès le premier tour.”
La méthode ? Une seule : “Je pense seulement à aller match après match et voir jusqu’où je peux aller.”
Sinner ? Peut-être. Mais pas maintenant.
Un possible choc avec Jannik Sinner attire déjà les projecteurs. Pourtant, Alcaraz balaie l’idée d’anticiper : “Mon équipe et moi avons fixé des objectifs pour ce tournoi. On ne parle pas du tout de résultats. Il s’agit plutôt de continuer le processus pour devenir meilleurs.”
Le message est clair : la progression avant la projection.
Le numéro un qui voit encore ses failles
Malgré les trophées, malgré le statut, l’Espagnol garde un regard critique sur lui-même : “Évidemment, je vois que j’ai eu beaucoup de succès jusqu’à présent, en gagnant les plus grands tournois du monde. Mais je continue à voir mes faiblesses. Beaucoup de joueurs essaient de m’atteindre : ils étudient mon jeu, ma façon de jouer, ils essaient de me battre… Je dois être prêt pour ça.”
Lucidité, ambition, obsession du détail. Même au sommet, il refuse l’autosatisfaction.
Doha n’est pas qu’un tournoi de reprise. C’est le premier chapitre d’une nouvelle séquence. Un laboratoire pour ajuster, tester, affiner. Une scène idéale pour mesurer jusqu’où peut aller un joueur déjà entré dans l’histoire — mais qui agit comme s’il devait encore tout prouver.




