Pour la troisième fois consécutive, le Maroc a échoué à remporter la CAN féminine à domicile. Après deux défaites en finale, les Lionnes de l’Atlas ont été surprises cette fois en demi-finales par le Cameroun (0-0, 1-3 tab) mercredi à Rabat.
Pourtant, le Maroc n’avait jamais semblé disposer d’un tel boulevard vers le titre. Le pays-hôte de la CAN féminine 2026 avait éliminé l’Afrique du Sud en quarts de finale (2-1), tandis que le Nigeria, l’autre grand favori, avait été sorti par le Cameroun (0-1). Et c’est en grand favori que les Lionnes de l’Atlas se présentaient en demi-finales.
Michaely Bihina a écoeuré le Maroc, mais…
Et pourtant, cet alignement des planètes n’a pas empêché un nouvel échec. Celui-ci est en partie la faute à “pas de chance”, ou plutôt à Michaely Bihina, gardienne du Cameroun qui vient pour la deuxième fois consécutive de sortir le match de sa vie et s’impose comme la meilleure joueuse de cette édition. La Lionne a détourné le penalty de la qualification de Fatima Tagnaout à la 117e minute, avant de sortir trois tentatives marocaines durant la séance de tirs au but.
HIGHLIGHTS: (1) 0-0 (3)
Cameroon hold their nerve in the shootout to book their place in the final! #TotalEnergiesWAFCON2026 pic.twitter.com/fnxUqNxYtD
— CAF Women Football (@CAFwomen) August 13, 2026
Mais la véritable question est ailleurs : est-ce normal que les Lionnes de l’Atlas aient dû attendre jusqu’au bout du bout de la prolongation pour espérer être en mesure de l’emporter ? Là où une nette domination était attendue, les Marocaines ont souvent peiné à faire la différence, elles ont obtenu énormément de touches dans le derniers tiers du terrain, et pas mal de corners aussi (8), mais peu d’occasions franches après le poteau trouvé par Sanaa Mssoudy de la tête en début de match.
Sakina Ouzraoui, avec ses incursions, et Hanane Aït El Haj avec ses centres, ont souvent été trop seules pour apporter le danger, tandis que la Ballon d’Or africaine Ghizlane Chebbak a tellement déçu en frappant ses corners qu’elle a fini par ne plus les tirer, avant d’être remplacée.
Le Maroc s’est réveillé trop tard
Pire, par séquence, surtout en seconde période, c’est même le Cameroun qui a pris le contrôle du jeu et obligé le Maroc à défendre et miser sur des contres. L’entrée de Tagnaout en fin de match a donné un nouveau souffle au pays-hôte : en quelques minutes, les Lionnes de l’Atlas se sont ruées à l’attaque et procurées plus de situations dans la surface adverse que pendant tout le match.
Mais la réussite n’était pas au rendez-vous, à l’image de cette tête trop molle de Mssoudy à bout portant et des deux tirs contrés d’Imane Saoud. Le scénario a été un peu le même durant la deuxième période de la prolongation. Ces séquences sont frustrantes pour les supporters car elles donnent l’impression que le Maroc était capable de faire mieux s’il avait appuyé plus tôt sur l’accélérateur…
Quelles conséquences après cette nouvelle élimination ?
Pour la génération des Chebbak et Khadija Er-Rmichi (36 ans chacune), des Ibtissam Jraïdi (33 ans), voire d’Hanane Aït El Haj (31 ans), l’une des meilleures marocaines du tournoi avec 4 passes décisives et un but, c’était sans doute la dernière occasion de remporter la CAN féminine à la maison. A un an de la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil, l’heure n’est pas forcément à la révolution mais le sélectionneur Jorge Vilda va devoir rendre des comptes après ce nouvel échec et des décisions radicales ne sont pas à exclure après cette désillusion au vu des grandes ambitions qui sont celles du Maroc féminin.




