Des larmes, des blessures et une renaissance Depuis le début de Roland-Garros 2026, Matteo Berrettini est l’une des plus belles histoires du tournoi. Mais ce n’est pas seulement son retour en quarts de finale qui émeut le monde du tennis.
C’est ce qu’il a raconté après. Après sa victoire contre Juan Manuel Cerúndolo, l’Italien s’est présenté en conférence de presse et a livré un témoignage d’une rare sincérité. Loin des discours convenus, l’ancien numéro 6 mondial a parlé de ses blessures, de ses doutes, de sa solitude et des moments où il ne savait plus s’il serait capable de revenir au plus haut niveau.
Une intervention poignante qui a touché bien au-delà du tennis : “Cette victoire a une saveur différente” L’émotion était visible dès la fin du match. Berrettini a levé les bras au ciel, puis laissé apparaître un sourire chargé de soulagement : “Ma célébration disait tout”, a-t-il reconnu : “J’étais ému, heureux et surtout reconnaissant.”
Pour beaucoup de joueurs, un quart de finale en Grand Chelem est un résultat important. Pour Berrettini, c’est bien davantage. Après des années de blessures et de rechutes, ce parcours représente une victoire contre lui-même. “Je me souviens parfaitement de la tristesse que j’ai ressentie à certains moments. Aujourd’hui, cela donne encore plus de valeur à ce que je suis en train de vivre.”
Les blessures qui ont failli tout emporter
Pendant longtemps, l’Italien a cherché une explication à ses problèmes physiques. Un geste technique. Un mouvement défaillant. Une mauvaise habitude. La réponse était finalement plus simple. “Mon corps était usé.”
Une réalité qu’il a fini par accepter. Son style de jeu explosif, basé sur la puissance et l’agressivité, a toujours exigé énormément de son organisme. “Certains joueurs ont une manière plus douce de jouer. Moi, ce n’est pas mon identité.”
Et plutôt que de changer ce qui l’avait rendu dangereux, Berrettini a choisi de retrouver la confiance nécessaire pour frapper chaque balle à pleine puissance. “Mon tennis repose sur la conviction. Quand je peux jouer sans retenue, je redeviens moi-même.”
Les doutes les plus profonds n’étaient pas tennistiques
L’un des passages les plus marquants de sa conférence est arrivé lorsqu’il a évoqué ce qu’il avait réellement remis en question. Ce n’était pas son coup droit. Ce n’était pas son service. Ce n’était même pas son niveau de jeu. “Je n’ai jamais vraiment douté de mon tennis. Ce que j’ai remis en question, c’était ma capacité à continuer à lutter avec cette intensité mentale.”
Après des mois de douleurs et d’incertitudes, il ne savait plus s’il possédait encore l’énergie nécessaire pour supporter les exigences du très haut niveau. Une confession rare dans un sport où la vulnérabilité est souvent dissimulée derrière les résultats.
Une promenade à Valence qui a tout changé
L’image la plus forte de son témoignage n’est pourtant pas liée à un court de tennis. Berrettini a raconté un moment simple, presque banal. Une promenade solitaire dans les rues de Valence. Pas dans les quartiers touristiques. Pas dans les lieux emblématiques. Simplement au milieu de gens vivant leur vie quotidienne : “Je regardais les familles, les personnes qui sortaient du travail, les enfants qui jouaient.”
Et soudain, quelque chose a changé : “J’ai compris que le monde continuait de tourner, que je gagne ou que je perde un match.” Cette prise de conscience lui a permis de relativiser la pression qu’il s’imposait depuis des années.
Une leçon sur la vie autant que sur le tennis
Berrettini a également dénoncé la manière dont le tennis moderne juge trop rapidement les joueurs. Une semaine, vous êtes un génie. La suivante, vous êtes considéré comme fini . “Le classement se construit sur une année, pas sur un seul tournoi.”
Une phrase qui résume parfaitement son parcours récent. Car son retour n’est pas le fruit d’un miracle. Il est le résultat de mois de travail, de doutes, d’échecs et de remises en question. Le plus grand succès de son retour
Bien sûr, Berrettini est de nouveau en quarts de finale d’un Grand Chelem. Bien sûr, il a retrouvé un niveau qui lui permet de rêver encore plus grand à Paris. Mais en l’écoutant parler, une évidence s’impose. Son plus grand succès n’est peut-être pas sportif. Après des années de frustration, Matteo Berrettini a retrouvé quelque chose de plus précieux qu’une victoire. Il a retrouvé la confiance en lui-même.
Et à voir l’émotion qui l’a envahi à Roland-Garros, cette conquête-là vaut peut-être toutes les autres.




