La campagne menée par Kylian
Mbappé pour décrocher son premier Ballon d’Or passe de plus en plus
mal auprès de certains.
Kylian Mbappé est en campagne. En plein sprint final pour
l’attribution du Ballon d’Or, l’attaquant du Real Madrid multiplie
les interviews. Après France Football et AS la semaine dernière,
c’est au micro de RFI que l’ancien Parisien s’est exprimé. Avec un
objectif clair: séduire les nombreux journalistes du continent
africain, qui représentent pas moins de 20% des votants .
En affirmant haut et fort sa conviction d’avoir marqué les
esprits (« La capacité à être performant individuellement et à
brûler la rétine, c’est ce qui marque les gens ») tout en
rappelant son statut de meilleur buteur des plus grandes
compétitions, l’attaquant tricolore a tout d’abord assumé sans fard
sa quête du Ballon d’Or.
Plus dérangeant, le Bondynois s’est également livré à une
opération de séduction clairement ciblée envers le continent
africain. « Je n’ai jamais coupé le lien avec mes racines
et mes origines. Je pense que c’est important, car ça fait partie
de la personne que vous êtes et des valeurs qu’on vous inculque. À
chaque fois que je vais en Afrique, je suis toujours extrêmement
bien reçu. Je ressens l’amour des gens, et c’est vraiment
gratifiant de sentir le soutien de tout un continent »,
a-t-il ainsi lancé, ajoutant: « Ayant des origines
africaines, ça fait toujours plaisir de voir les gens m’associer à
ce prix, c’est gratifiant. Je les remercie pour tout, et j’espère
pouvoir repartir avec le Ballon d’or pour, d’une manière ou d’une
autre, le leur dédicacer. »
« On dirait une voiture volée »
Les propos tenus par Kylian Mbappé n’ont pas été du goût de tout
le monde, bien au contraire. Parmi les voix les plus véhémentes,
Daniel Riolo n’a pas mâché ses mots sur les antennes de RMC,
pointant du doigt une démarche frôlant le ridicule. Qualifiant
cette sortie de « démagogie » pure et simple,
l’éditorialiste s’est insurgé contre une posture à la mise en scène
trop voyante : « Il arrive avec les guirlandes, les cotillons.
Tu le vois à 1 000 kilomètres. On dirait une voiture volée.
»
Au-delà de la forme, ce qui choque l’éditorialiste de RMC, c’est
ce sentiment d’un lobbying effréné où l’individualisme prend le pas
sur tout le reste. Pour Riolo comme pour de nombreux détracteurs,
l’entreprise de persuasion de Mbappé laisse un « goût amer
».
« Il y a énormément d’exagération sur son compte, ce
qu’il apporte ou pas à l’équipe. Je ne comprends rien à cette
campagne. J’entends la finalité, mais je n’ai jamais considéré que
la fin justifiait les moyens. C’est comme ceux qui disent qu’au
foot, il n’y a que le résultat qui compte. Je ne vais pas dire que
c’est un Ballon d’or au rabais mais la façon dont il est en train
de construire ce succès, s’il y en a un, me donne un goût
amer », a-t-il soufflé, dépité.




