Le verdict est tombé, sans surprise mais avec douleur : Paula Badosa ne disputera pas le WTA Mérida 2026. La Catalane s’est blessée à la cuisse gauche lors de son duel au WTA 1000 de Dubaï face à Elina Svitolina, quittant le court alors qu’elle était menée 4-1 dans le premier set. Une image devenue trop familière : celle d’une championne contrainte d’abandonner son combat, non par manque d’envie, mais par nécessité physique.
Quelques heures plus tard, elle confirmait elle-même la nouvelle sur ses réseaux sociaux : « Je suis vraiment désolée d’annoncer que je ne pourrai pas être à Mérida cette année. J’avais très envie de jouer devant vous. Le Mexique se sent toujours comme ma deuxième maison. Maintenant, je dois bien récupérer et revenir le plus vite possible. Merci à tous pour votre soutien. «
Un message simple, sincère. Mais la soirée ne s’est pas arrêtée là. Car à la déception sportive s’est ajoutée la violence numérique. Peu après son abandon à Dubaï, un commentaire public l’accusait d’être « irrespectueuse envers le jeu », lui reprochant de se retirer trop souvent des tournois. Une critique sèche, brutale, lancée derrière l’écran.
Paula Badosa is so disrespectful to the game, you just cannot retire/withdraw from every tournament
— Elsa Jaquemot shady facts (@limuzinaxd) February 17, 2026
Cette fois, Badosa n’a pas laissé passer.
Dans une réponse aussi longue que poignante, elle a mis des mots sur une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : « Tu n’as aucune idée de ce que signifie vivre avec une blessure chronique et continuer malgré tout. Se réveiller chaque jour sans savoir comment le corps va réagir, chercher des solutions et se battre pour quelque chose que l’on aime, tout donner même quand c’est si difficile. Crois-moi, je suis la première à souffrir, à avoir des douleurs et des cauchemars sans fin pour trouver des solutions chaque jour. Et pour moi, malgré tout, mettre un pied sur un court de tennis en vaut toujours la peine. Alors je continuerai d’essayer. Parce que la clé, c’est d’essayer. Et cela ne changera pas. J’essaierai toujours une fois de plus. «
Le ton monte, mais la conviction reste intacte
« Je fais cela parce que c’est ma passion, je le fais pour moi. Et s’il y a 1 % de chance de continuer, je la saisirai. C’est ainsi que je vois la vie. Si cela ne te plaît pas, tu n’es pas obligé de me suivre. Et désolée de vous informer que je ne vais pas prendre ma retraite, donc vous me verrez encore un moment. Changez de chaîne la prochaine fois. «
Puis cette phrase, lourde de sens :
« Pour moi, le seul manque de respect ici, c’est d’ouvrir ces réseaux sociaux et de lire des messages comme celui-ci. Ensuite, on se plaint quand des joueurs ou des personnes souffrent ou ont des problèmes de santé mentale… mais au fond, cela ne me surprend pas vu la quantité de haine et “d’experts” que l’on trouve ici. «
You have no idea what it’s like to live with a chronic injury and still choose to keep going. To wake up everyday not knowing how your body will respond, searching for solutions, and fighting for something you love and give everything even when it’s so difficult. Trust me I’m the…
— Paula Badosa (@paulabadosa) February 18, 2026
Au-delà du forfait pour Mérida, l’épisode révèle une tension plus large : celle d’un sport qui exige toujours plus, dans un environnement où la fragilité n’a pas droit de cité. Badosa ne lutte pas seulement contre une cuisse récalcitrante. Elle lutte contre l’usure, contre la frustration, contre le regard permanent.
Mais une chose est claire : elle ne renonce pas. S’il reste 1 %, elle le prendra. Et elle reviendra.




