Sam Presti n’avait sans doute pas grand-chose à perdre. En proposant un contrat de 12 millions de dollars sur deux ans, entièrement garantis, à Spencer Jones, le dirigeant du Thunder pouvait récupérer un ailier de 25 ans parfaitement adapté aux besoins de son équipe. Ou obliger l’un de ses principaux concurrents de la conférence Ouest à payer très cher pour le conserver.
Les Nuggets ont finalement choisi la deuxième option en s’alignant sur cette « offer sheet ». Un choix compréhensible sportivement puisque Spencer Jones s’était installé dans la rotation, avec 64 matches disputés, dont 37 comme titulaire, pour 5.5 points et 3.3 rebonds de moyenne. Il avait surtout affiché 39.6% de réussite à 3-points et gagné la confiance de son entraîneur au fil de la saison.
Mais le coût réel de l’opération dépasse largement les six millions de dollars annuels promis à l’ailier. D’après ESPN, la « luxury tax » de Denver passe ainsi d’environ 36 à 68 millions de dollars. Surtout, les Nuggets se retrouvent désormais au-dessus du « second apron », avec toutes les restrictions sportives qui accompagnent ce seuil.
Un « sign-and-trade » devenu beaucoup plus compliqué
La principale conséquence concerne désormais Peyton Watson, lui aussi « free agent » protégé et toujours sans contrat. Le jeune ailier espère obtenir un salaire supérieur à 20 millions de dollars par saison, alors que Denver doit déjà assumer une facture particulièrement lourde. Il pourrait même accepter sa « qualifying offer » afin de tester le marché sans restriction en 2027.
Selon l’expert du « salary cap » Yossi Gozlan, les Nuggets ne peuvent plus récupérer de joueurs déjà sous contrat en échange de Peyton Watson dans le cadre d’un « sign-and-trade », tant qu’ils restent au-dessus du « second apron ». Pour retrouver cette possibilité, ils devront d’abord réduire leur masse salariale dans une opération séparée, ou construire un échange suffisamment large pour repasser sous le seuil au cours de la même transaction.
Cela réduit le nombre de scénarios disponibles. Denver pourrait toujours transférer Watson vers une équipe capable d’absorber directement son nouveau contrat, en récupérant principalement des choix de Draft. Mais utiliser son départ pour renforcer immédiatement l’effectif avec un ou plusieurs joueurs devient beaucoup plus complexe.
Les Nuggets pourraient évidemment résoudre le problème en se séparant d’un salaire important. Mais ils devraient alors sacrifier un autre élément de leur rotation et probablement ajouter une compensation pour convaincre une franchise de leur offrir l’espace financier nécessaire.
Deux scénarios gagnants pour Sam Presti
À cela s’ajoute une autre restriction : après avoir vu son « offer sheet » égalée, Spencer Jones dispose d’un droit de regard sur tout transfert pendant un an. Il ne pourra par ailleurs pas être envoyé à Oklahoma City durant cette période, comme le précise la convention collective de la NBA. Denver ne peut donc pas simplement utiliser son nouveau contrat pour corriger rapidement la situation.
Rien ne prouve que le Thunder avait uniquement pour objectif de mettre les Nuggets en difficulté. Spencer Jones constituait une véritable cible sportive pour une équipe qui avait libéré une place dans son effectif. Mais l’offre était construite de manière à satisfaire Oklahoma City dans les deux cas.
Si Denver ne s’alignait pas, le Thunder récupérait en effet un joueur utile à un prix raisonnable. En s’alignant, les Nuggets ont conservé Spencer Jones, mais ils ont presque doublé leur « luxury tax » et compliqué encore davantage le dossier Peyton Watson. Même sans accueillir l’ailier, Sam Presti a donc obtenu exactement ce qu’il pouvait espérer : placer un rival direct face à plusieurs décisions particulièrement douloureuses.
| Spencer Jones | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2024-25 | DEN | 20 | 6:15 | 32.4 | 5.9 | 100.0 | 0.4 | 0.5 | 0.9 | 0.3 | 0.9 | 0.3 | 0.3 | 0.3 | 1.3 |
| 2025-26 | DEN | 64 | 22:08 | 50.4 | 39.6 | 60.8 | 1.2 | 2.1 | 3.3 | 0.8 | 2.7 | 0.8 | 0.5 | 0.5 | 5.5 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.




