Flashback. Nous sommes en juillet 2015, à Héraklion, en Grèce. Les États-Unis affrontent la Croatie en finale de la Coupe du monde U19. Dans le sillage d’un certain Jalen Brunson, une génération dorée américaine tente alors un exploit inédit depuis plus de trente ans : conserver son titre mondial chez les U19.
Dans un match bien plus accroché que prévu, les lycéens américains doivent attendre la prolongation pour finalement s’imposer 79-71 face à une équipe croate emmenée par Nik Slavica et le futur pivot des Lakers, des Clippers et désormais des Pacers, Ivica Zubac.
On l’avait un peu oublié, mais avant d’être double champion NCAA avec Villanova puis champion NBA avec les Knicks, à seulement 18 ans, Jalen Brunson était déjà le cerveau de cette sélection américaine.
Le patron de Team USA
Désigné MVP du tournoi, le meneur avait planté 30 points face à la Grèce en demi-finale, puis bouclé cette finale avec 14 points, 7 passes décisives et 5 rebonds sans perdre le moindre ballon. Une performance qui rappelle étrangement le joueur que les fans des Knicks admirent aujourd’hui : peu spectaculaire en apparence, mais toujours maître du rythme, des décisions et des moments « clutch ».
Alors que la Croatie avait régulièrement recollé au score au point de pousser les États-Unis dans leurs retranchements, Jalen Brunson avait gardé le contrôle de son équipe. Dans une rencontre tendue, sa gestion du jeu et son efficacité avaient permis aux Américains de ne pas fléchir et même de s’offrir une balle de match au buzzer. Son shoot manqué, il allait se rattraper dans la prolongation.
Une fois les cinq minutes supplémentaires entamées, la profondeur de banc américaine avait ainsi fait la différence. Après un lay-up de Brunson, et un dunk de Tatum, Chinanu Onuaku avait enfoncé le clou près du cercle (73-67) tandis que la Croatie, limitée à seulement sept joueurs utilisés, puis cinq, avait fini par craquer physiquement.
Champion du monde, champion NCAA et champion NBA
« Brunson a réalisé un tournoi exceptionnel », expliquait le sélectionneur américain de l’époque, Sean Miller après la finale. « Il s’est imposé comme notre leader, et lorsqu’on a un leader à ce poste, cela facilite énormément les choses. Sa performance contre la Grèce, avec 30 points, était incroyable. Et dans le money-time de cette finale, il a encore répondu présent. »
Avec le recul, cette finale apparaît presque comme une bande-annonce de la carrière de Jalen Brunson. À l’époque déjà, il n’était pas forcément le joueur le plus médiatisé de sa génération. Les projecteurs étaient souvent braqués sur des profils plus athlétiques ou plus spectaculaires comme Joshua Jackson, Harry Giles et Jayson Tatum. Pourtant, c’est lui qui était reparti avec le trophée de MVP du tournoi.
Son intelligence de jeu, son leadership et sa capacité à élever le niveau de ses équipes dans les grands rendez-vous étaient déjà évidents. Quelques mois plus tard, il poursuivra sa progression à Villanova avec deux titres NCAA et le titre de joueur de l’année universitaire en 2018. Insuffisant pour être sélectionné au premier tour de la Draft… mais suffisant pour décrocher un contrat de quatre ans aux Mavericks.
Rendez-vous aux JO 2028 à Los Angeles ?
Onze ans plus tard, Jalen Brunson a quasiment bouclé la boucle. Après avoir conduit les Knicks à leur premier titre NBA depuis plus d’un demi-siècle et remporté le trophée de MVP des Finals 2026, le meneur new-yorkais s’est définitivement installé parmi les meilleurs joueurs de la ligue, et même de sa génération. Il ne lui manque plus qu’une médaille d’or olympique pour signer le « Grand Chelem », et ça pourrait bien être pour 2028, à Los Angeles.
Pour ceux qui l’avaient observé à Héraklion en 2015, cette trajectoire n’a finalement rien d’une surprise. Avant d’être le héros du Madison Square Garden, Jalen Brunson était déjà le patron d’une équipe américaine championne du monde. Et déjà, dans les matchs qui comptaient le plus, il avait répondu présent.




