En finale de l’ATP 500 de Doha, Arthur Fils a été balayé par un Carlos Alcaraz en état de grâce (6-2, 6-1 en 50 minutes). Une démonstration éclair. Une leçon brutale. Et un rappel du fossé qui sépare encore le Top 10 du reste du peloton.
Alcaraz en est désormais à 12 victoires consécutives. Toujours invaincu en 2026. Deux titres déjà en poche. Le patron du circuit ne ralentit pas.
« Il a une réponse à tout »
Vingt-quatre heures après la claque, Fils a pris la parole sur RMC. À froid. Lucide. Sans détour : » Après une finale contre Alcaraz, quand on sort d’un match comme ça, on se dit qu’il faut tout améliorer. Je joue un bon tennis, mais au niveau où il joue, il est beaucoup plus fort que nous, surtout par rapport aux joueurs qui sont hors du top 10. Il a une réponse à tout ce que je fais. Hier, je suis resté bloqué, sans solutions. Mais c’est une bonne expérience pour une remontée, même si elle a été un peu précipitée. C’était génial de jouer une finale et je la garderai comme une bonne expérience. «
Sur le court, le Français a semblé impuissant. Une semaine brillante, puis une réalité implacable face au joueur le plus en forme du moment.
Huit mois dans l’ombre
Mais réduire Doha à cette finale serait injuste. Fils revenait de loin. Très loin. Huit mois d’arrêt à cause d’une blessure au dos. Une absence qui l’a contraint à tout repenser : « Huit mois, c’est long. Depuis Roland-Garros, on a eu des problèmes avec la blessure. J’ai dû repartir de zéro, m’arrêter… c’était très long. Ça fait du bien d’être de retour à ce niveau. Honnêtement, je ne m’attendais pas du tout à atteindre une finale et à revenir à ce niveau si rapidement. «
Nouveau corps, nouvelle base
La blessure a entraîné une transformation physique radicale : « Il m’a fallu du temps pour perdre du poids. J’ai dû abandonner certaines habitudes alimentaires. On a travaillé avec des professionnels ; il nous a fallu trois mois pour perdre entre six et sept kilos. Je me sens mieux, je me déplace mieux, je suis plus résistant. Mais c’est surtout pour mon dos, pour moins le solliciter. «
Un Fils plus léger. Plus mobile. Plus durable, espère-t-il.
L’effet Ivanisevic
À Doha, un nouveau visage était à ses côtés : Goran Ivanišević. L’ancien champion croate a rejoint son équipe, au moins temporairement : « Goran m’a rejoint ; c’est son premier tournoi avec moi. Ivan Cinkus reviendra à Indian Wells. Ça s’est bien passé avec Goran ; il m’a beaucoup aidé avec son expérience, même si ça ne fait que quatre ou cinq jours. » Un renfort de poids. Une nouvelle dynamique.
Les objectifs ? Ils resteront privés. Mais la priorité est claire : « Le principal objectif est de rester en bonne santé toute la saison, enchaîner les tournois et prendre du plaisir, être constant et jouer bien chaque semaine en éliminant les hauts et les bas. «
Avant tout, la continuité. Et déjà, les yeux sont tournés vers Roland-Garros : « Ce sera fantastique de revenir à Roland-Garros. C’est un objectif pour tout Français ; ça génère des émotions incroyables. L’an dernier, c’était électrisant. Je vais tout faire pour en profiter au maximum cette saison.«
À Doha, Alcaraz l’a ramené sur terre. Mais Fils n’est plus dans l’ombre. Il est revenu plus fort, plus léger, plus mature.




