Arrière au shoot soyeux, principalement connu pour ses passages aux Warriors, aux Nets et au Thunder, Anthony Morrow a raccroché les baskets à seulement 31 ans. Après une dernière expérience peu convaincante chez les Blazers en 2017, le shooteur n’a jamais retrouvé la NBA.
Capable de coups de chaud mémorables, comme ses 37 points à 15/20 aux tirs pour sa première titularisation, ou son record en carrière de 42 points avec les Nets, Anthony Morrow a pourtant dû se battre pour chaque opportunité. Car, à sa sortie de Georgia Tech, son nom n’avait pas été appelé lors de la Draft 2008.
Non drafté, il affole les compteurs en Summer League
Invité à participer aux ligues d’été, Anthony Morrow hésite alors avec une proposition venue d’Ukraine. Mais ses performances font progressivement grimper sa cote, jusqu’à son explosion lors de la Rocky Mountain Revue de Salt Lake City, où il inscrit 47 points face à La Nouvelle-Orléans.
« Je jouais sans pression parce que je ne pensais pas un instant évoluer en NBA », se souvient-il dans le podcast du Club 520. « J’avais signé pour 80 000 dollars en Ukraine. Puis l’offre est montée à 100 000, 120 000 et enfin 140 000 dollars au fil de mes performances. Mais j’ai terminé MVP à Utah et c’est comme ça que j’ai pu mettre un pied dans la porte de la NBA. »
Originaire de Charlotte, en Caroline du Nord, Anthony Morrow avait grandi en rêvant de rejoindre North Carolina, dans les pas de Michael Jordan ou de Jerry Stackhouse, son entraîneur au lycée.
« La seule école où je voulais aller, c’était Chapel Hill. Jerry Stackhouse était devenu comme un père pour moi. Mais il n’y avait plus de bourse disponible. J’étais prêt à signer à NC State, puis ma mère m’a conseillé d’effectuer toutes mes visites. Georgia Tech était la dernière et ils ont su me convaincre. »
De Charlotte à la Baie, en compagnie de Stephen Curry
Après quatre saisons irrégulières à Georgia Tech, Anthony Morrow est finalement invité au camp des Warriors. Il y gagne sa place grâce à son travail, mais aussi à la confiance de Don Nelson, qui lui demande de tirer dès qu’il touche le ballon.
« Même après avoir signé, je marchais sur des œufs. L’hôtel était relié à la salle d’entraînement, donc j’y étais matin et soir. Lors du scrimmage devant les supporters, je disais à Stephen Jackson que je priais pour ne pas être coupé. Il m’a répondu : ‘Ne t’inquiète pas, ce n’est pas toi qu’ils vont couper, c’est lui !’ »
Avec 10 points de moyenne et 46,7% de réussite derrière l’arc, Anthony Morrow termine sa saison rookie en tête de la NBA au pourcentage à 3-points. L’année suivante, il accueille une autre gâchette originaire de Caroline du Nord : Stephen Curry, qu’il connaissait depuis l’adolescence.
« À 16 ou 17 ans, il pouvait déjà shooter comme aujourd’hui, mais il n’avait pas encore cette confiance en lui. Lors d’un tournoi, mes cousins l’avaient harcelé en première mi-temps. Il perdait des ballons et envoyait des airballs. Après la pause, il est revenu et a dû inscrire 45 points. Je lui ai dit de toujours jouer comme ça, même s’il devait perdre des ballons ou rater des tirs. »
Le traumatisme de 2016
Anthony Morrow retrouve Stephen Curry en 2016, lorsque le Thunder défie les Warriors en finale de conférence Ouest. Oklahoma City mène alors 3-1 avant de perdre les trois dernières rencontres, dont un Game 6 entré dans la légende grâce aux 11 tirs à 3-points de Klay Thompson.
« On avait une excellente camaraderie. Il y avait Serge, Russ, KD, Perk, Nick Collison… L’intensité à l’entraînement était énorme. Avant la série, j’avais prévenu le staff : Steph prendra ses tirs, mais il ne faut surtout pas laisser Klay prendre feu lui aussi. Quand il a commencé à chauffer, je leur ai dit : ‘Je vous avais prévenus !’ »
Le Thunder avait pourtant remporté le premier match à Oakland, porté par les 27 points, 12 passes, 6 rebonds et 7 interceptions de Russell Westbrook. Mais les Warriors avaient fini par renverser la série avant de s’incliner face aux Cavaliers de LeBron James en NBA Finals.
« Il y avait encore des sièges vides lors de l’un des premiers matchs à Golden State. Russ l’avait pris comme un manque de respect. Plus tard, LeBron m’a dit que les Cavaliers étaient contents d’affronter les Warriors en finale. Il ne voulait pas jouer contre nous car notre effectif était très complet. »
La « trahison » de Kevin Durant
La défaite laisse une trace profonde à Oklahoma City. Quelques semaines plus tard, le 4 juillet 2016, Kevin Durant décide de rejoindre les Warriors. Une annonce qu’Anthony Morrow et ses coéquipiers n’avaient absolument pas anticipée.
« Je ne m’y attendais pas du tout. Je lui ai envoyé un message pour lui dire que c’était mon frère, qu’il avait pris sa décision et que je lui souhaitais de réussir. Il m’a remercié. J’ai posé mon téléphone et je me suis dit : ‘Qu’il aille se faire voir !’ », raconte-t-il en riant. « C’était toujours mon gars, mais à cet instant, ce n’était pas possible. »
Il contacte ensuite Russell Westbrook, qui lui répond qu’il est déjà à la salle et qu’ils se retrouveront au camp d’entraînement. La saison suivante, le meneur remportera le trophée de MVP en tournant en triple-double.
« Je savais qu’il serait prêt. Il a joué comme un homme possédé. Russ était à part, avec une énergie incroyable. Mais il savait aussi reconnaître ses erreurs. Après un match où il avait fait 0/10 à 3-points sans me donner un seul tir extérieur, il m’avait appelé pour s’excuser. J’avais gagné beaucoup de respect pour lui. »
Anthony Morrow garde également quelques souvenirs plus légers de ses autres passages en NBA. À Atlanta, où il ne reste qu’une demi-saison, il assiste notamment à une altercation à l’entraînement impliquant le Français Johan Petro.
« On jouait à trois contre trois et Mike Scott était particulièrement remonté. J’ai peut-être un peu trop chauffé Mike en lui disant d’attaquer Petro. Ils se sont frottés et tout est parti très vite : bim, bam, boum ! Je ne les ai pas revus depuis longtemps, mais je leur passe le bonjour. »
| Anthony Morrow | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2008-09 | GOS | 67 | 23 | 47.8 | 46.7 | 87.0 | 1.2 | 1.8 | 3.0 | 1.2 | 1.9 | 0.5 | 0.8 | 0.2 | 10.1 |
| 2009-10 | GOS | 69 | 29 | 46.8 | 45.6 | 88.6 | 0.9 | 2.9 | 3.8 | 1.5 | 2.3 | 0.9 | 1.2 | 0.2 | 13.0 |
| 2010-11 | NJN | 58 | 32 | 45.0 | 42.3 | 89.7 | 0.6 | 2.3 | 3.0 | 1.2 | 2.3 | 0.3 | 0.9 | 0.1 | 13.2 |
| 2011-12 | NJN | 62 | 26 | 41.3 | 37.1 | 93.3 | 0.5 | 1.6 | 2.1 | 1.0 | 1.4 | 0.7 | 1.1 | 0.2 | 12.1 |
| 2012-13 * | All Teams | 41 | 9 | 44.1 | 37.2 | 90.9 | 0.3 | 0.5 | 0.7 | 0.3 | 1.1 | 0.3 | 0.2 | 0.0 | 4.0 |
| 2012-13 * | ATL | 24 | 13 | 42.3 | 39.5 | 88.9 | 0.4 | 0.7 | 1.1 | 0.4 | 1.4 | 0.5 | 0.2 | 0.0 | 5.2 |
| 2012-13 * | DAL | 17 | 5 | 50.0 | 20.0 | 100.0 | 0.1 | 0.2 | 0.2 | 0.2 | 0.6 | 0.1 | 0.2 | 0.0 | 2.3 |
| 2013-14 | NOP | 76 | 19 | 45.8 | 45.1 | 82.8 | 0.4 | 1.5 | 1.8 | 0.8 | 1.3 | 0.5 | 0.7 | 0.2 | 8.4 |
| 2014-15 | OKC | 74 | 24 | 46.3 | 43.4 | 88.8 | 0.5 | 2.1 | 2.6 | 0.8 | 1.8 | 0.7 | 0.5 | 0.2 | 10.7 |
| 2015-16 | OKC | 68 | 14 | 40.8 | 38.7 | 74.4 | 0.2 | 0.8 | 0.9 | 0.4 | 0.9 | 0.3 | 0.3 | 0.1 | 5.6 |
| 2016-17 * | All Teams | 49 | 15 | 38.9 | 30.8 | 91.9 | 0.2 | 0.4 | 0.6 | 0.5 | 0.9 | 0.5 | 0.1 | 0.0 | 5.5 |
| 2016-17 * | OKC | 40 | 16 | 38.6 | 29.4 | 88.5 | 0.3 | 0.5 | 0.7 | 0.5 | 1.0 | 0.6 | 0.2 | 0.1 | 5.8 |
| 2016-17 * | CHI | 9 | 10 | 41.4 | 42.9 | 100.0 | 0.1 | 0.1 | 0.2 | 0.7 | 0.4 | 0.2 | 0.0 | 0.0 | 4.6 |
| Total | 564 | 22 | 44.7 | 41.7 | 88.0 | 0.6 | 1.6 | 2.2 | 0.9 | 1.6 | 0.6 | 0.7 | 0.1 | 9.5 | |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.




