Mirra Andreeva a déjà vécu presque tout ce qu’une jeune joueuse de tennis peut espérer connaître au cours de la saison 2026. Mais devenir championne en Grand Chelem lui a également réservé quelques défis inattendus.
La Russe a parfaitement lancé son année en remportant les tournois d’Adélaïde et de Linz, avant d’atteindre une nouvelle finale à Madrid. Le plus grand moment de sa saison est survenu à Roland-Garros, où elle a dominé Maja Chwalinska 6-3, 6-2 pour décrocher son premier titre du Grand Chelem. À 19 ans, Andreeva est devenue la plus jeune championne du tournoi parisien depuis Monica Seles, en 1992.
La suite s’est révélée bien plus compliquée. La Russe est presque immédiatement passée du plus grand exploit de sa carrière à la saison sur gazon. Battue dès son entrée en lice à Bad Homburg, elle a ensuite pris le meilleur sur Magda Linette à Wimbledon, avant de s’incliner au deuxième tour face à Barbora Krejcikova (4-6, 7-5, 6-4).
La championne de Roland-Garros a désormais reconnu qu’il lui avait été difficile, mentalement, de tourner la page parisienne.
“After I won in Paris, the first few tournaments were not easy because I was still sometimes thinking, ‘Wow, I won! Yay! Great!’ Considering how I’ve played since, that’s not the best,” Andreeva said.
Elle a évoqué cette situation avec sa psychologue ainsi qu’avec son entraîneure, Conchita Martinez, avant de commencer à porter un regard différent sur son sacre à Roland-Garros.
“I’m trying to approach Roland Garros as just another tournament that I won. I hope that will help me, and I can move on.”
Andreeva ne voulait plus entendre parler de tennis : “I didn’t even think about tennis”
Après Wimbledon, Andreeva a estimé qu’une nouvelle période d’entraînement immédiate n’était pas ce dont elle avait besoin.
La joueuse de 19 ans s’est donc complètement éloignée du tennis pendant près de deux semaines, une décision très inhabituelle au regard de la manière dont elle avait toujours abordé ses périodes de repos.
“I took some time off; almost two weeks,” she said.
“I didn’t do anything physical. I didn’t even think about tennis. My racquets were still in my suitcase. I didn’t even unpack them. I didn’t want to look at them. I just took some time for myself.”
Cette pause lui a permis de passer du temps avec sa famille et son chien. Elle s’est également rendue en Grèce pour assister au mariage de Daria Kasatkina et Natalia Zabiiako. Andreeva a décrit la cérémonie comme “unbelievable” et a particulièrement apprécié de pouvoir danser et partager des moments avec ses proches, loin des exigences habituelles du circuit.
Pour une joueuse qui a consacré l’essentiel de sa vie à devenir professionnelle, ne presque rien faire constituait une expérience nouvelle.
“All my life, the only break from tennis that I had was maybe two, three days, and if we would go on vacation, we would still play every day to not lose the feeling of the ball,” Andreeva explained.
“Now I’m kind of learning something new, that it’s also important to not think about tennis, not play tennis. Then after, you actually feel better on the court mentally and physically.”
Andreeva espère que cette coupure l’aidera à relever les prochains défis
Avant même son sacre en Grand Chelem, plusieurs signes montraient déjà qu’Andreeva gagnait en maturité, sur les courts comme en dehors.
Avant la finale de Roland-Garros, Martinez avait souligné les progrès physiques et mentaux réalisés par sa joueuse au cours de leurs deux années de collaboration. L’ancienne championne de Wimbledon avait également rappelé qu’Andreeva disposait encore d’une importante marge de progression, malgré sa capacité à rivaliser avec les meilleures joueuses du monde.
“She keeps on maturing, she’s better in every aspect, physically and mentally too,” Martinez said.
“She is very, very talented, however, she has such a margin still to improve, which is so wonderful to know and see.”
Andreeva a repris la compétition à Toronto, avant de rejoindre Cincinnati, où elle a signé des débuts particulièrement convaincants. Tête de série numéro 5, elle n’a eu besoin que de 64 minutes pour battre Oleksandra Oliynykova 6-1, 6-0 et décrocher sa place au troisième tour.
Cincinnati est également un tournoi familier pour la jeune joueuse, qui y avait atteint les quarts de finale en 2024. Cette fois, elle s’y présente toutefois avec le statut de championne du Grand Chelem et des attentes différentes autour d’elle.
L’US Open constituera ensuite son prochain grand test. Après avoir éprouvé des difficultés à tourner immédiatement la page de son succès à Roland-Garros, Andreeva semble avoir compris que jouer et penser au tennis en permanence n’était pas toujours la meilleure solution.
Sa courte pause pourrait s’avérer aussi importante qu’une nouvelle période d’entraînement. Andreeva sait désormais qu’elle est capable de remporter un tournoi du Grand Chelem. Son prochain défi consiste à apprendre à gérer tout ce qui accompagne un tel succès.




