La Fédération allemande de handball (DHB) a officialisé ce vendredi 22 mai la prolongation du contrat d’Alfred Gislason au poste de sélectionneur. L’Islandais de 66 ans, en place depuis février 2020, restera sur le banc de la Nationalmannschaft jusqu’à l’issue des Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Une décision attendue, qui intervient pourtant dans un climat plus houleux qu’il n’y paraît outre-Rhin.
Car le natif d’Akureyri est loin de faire l’unanimité dans son pays d’adoption. Après la défaite face à la Serbie (27-30) en phase de groupes du dernier Euro, plusieurs anciens internationaux — Stefan Kretzschmar, Pascal Hens ou Michael Kraus — avaient sévèrement étrillé son coaching dans le podcast Harzblut : « pas de plan B en attaque », « surclassé tactiquement »… Une fois la médaille d’argent décrochée, Alfred Gislason avait répliqué cash, tançant ces « podcasteurs qui n’ont jamais entraîné» et n’auraient, selon lui, aucune compréhension tactique. La DHB tranche donc nettement en faveur de son sélectionneur, prolongé pour couvrir le Mondial 2027 à domicile, l’Euro 2028 et les JO de Los Angeles.
Il faut dire que le CV de l’Islandais impose le respect. Ancien arrière international (190 sélections, 542 buts), double champion d’Allemagne comme joueur avec TUSEM Essen dans les années 1980, Gislason a surtout écrit l’histoire en tant qu’entraîneur de club. Au SC Magdebourg, il rafle le titre allemand 2001 puis la Ligue des champions 2002 avec des joueurs comme les français Guéric Kervadec, Joel Abati ou encore Christian Gaudin. Au THW Kiel (2008-2019), avec Thierry Omeyer et Daniel Narcisse, il décroche six Bundesliga, deux nouvelles Ligues des champions (2010, 2012), une Coupe EHF (2019) et signe la mythique saison 2011-2012 bouclée sans la moindre défaite. Avec la Mannschaft, il a déjà ramené deux médailles d’argent en deux ans, aux JO de Paris 2024 et à l’Euro 2026, soit les premières breloques allemandes depuis le doublé or européen / bronze olympique de 2016.
« Alfred a rajeuni la sélection avec de nombreux joueurs nés en 2000 ou après, et l’a structurée bien au-delà du Mondial 2027 », justifie le directeur sportif de la fédération Ingo Meckes. Le président Andreas Michelmann salue, lui, « le roc dans la tempête ». Gislason, de son côté, mesure l’enjeu : « les médailles d’argent de 2024 et 2026 nous galvanisent. Notre histoire est loin d’être terminée. »




