Après l’élimination de l’Algérie en 16ede finale de la Coupe du monde 2026 par la Suisse (0-2), le sort du sélectionneur Vladimir Petkovic est toujours incertain, alors que les tensions se multiplient au sein de la fédération (FAF). Nasser Sandjak, l’ancien coach des Fennecs, livre son analyse sur cette situation pour Afrik-Foot.
Vladimir Petkovic sera-t-il toujours sur le banc de touche de l’Algérie au mois de septembre prochain, quand débuteront les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027, face à la Zambie et au Burundi, dans un groupe où figure également le Togo ? A l’heure qu’il est, il est difficile de répondre à cette question.
Fragilisé après l’élimination des Fennecs en 16e de finale de la Coupe du monde (0-2 face à la Suisse), Petkovic est sous contrat jusqu’en 2028. Son bail a été prolongé de deux ans avant la compétition, sur une initiative personnelle de Walid Sadi, qui cumule les fonctions de président de la FAF et de ministre des Sports, avec une revalorisation salariale à la clé (de 135 000 à 160 000 euros par mois), faisant de lui le sélectionneur le mieux payé d’Afrique.
« Il y a une forte défiance des supporters vis-à-vis de Petkovic »
Une réunion est prévue jeudi au siège de la FAF, à Sidi Moussa, souhaitée par Walid Sadi, et à laquelle participeront notamment des techniciens algériens, afin d’évoquer le sort du bosno-suisse. Interrogé par Afrik-Foot, Nasser Sandjak, qui a entraîné la sélection ainsi que la JS Kabylie et le MO Bejaïa observe cette situation, légitimement dubitatif :
« Je reviens d’Alger. Il y a une forte défiance des supporters vis-à-vis du sélectionneur, à qui ils reprochent certains de ses choix dans sa liste pour le Mondial, dont l’absence de Baghdad Bounedjah, et certaines options tactiques : pourquoi faire jouer Maza en 9, alors que c’est un 10, etc… De plus, on sent que le sélectionneur entretient une relation distante avec les joueurs, qu’il n’y a pas beaucoup de communication, qu’ils ne comprennent pas toujours ce qu’on leur demande. » Et Sandjak estime qu’un changement de sélectionneur répondrait à une certaine cohérence.
“Je pense que Mahrez pouvait continuer la sélection juste un an”
Evidemment, à l’instar de Djamel Benlamri, Sandjak ne fait pas de l’ancien sélectionneur de la Nati l’unique responsable de la situation sportive.
« Il faut aussi être objectif sur la qualité de l’équipe nationale : c’est une sélection niveau moyen-plus. On avait vu lors de la CAN l’écart avec le Nigeria (0-2), en quart de finale. On l’a de nouveau constaté face à l’Argentine (0-3) et à la Suisse (0-2) : dès qu’on affronte une équipe forte, on touche nos limites », explique-t-il. « On va désormais devoir faire face à la retraite internationale de plusieurs joueurs, dont Riyad Mahrez, même si je pense qu’il pouvait continuer encore un an, juste pour favoriser la transition avec ceux qui vont arriver. Même si on sait que la faiblesse de la formation en Algérie obligera les futurs sélectionneurs à continuer à faire confiance aux binationaux.»
« Walid Sadi devrait communiquer »
Nasser Sandjak, au cas où la fédération algérienne trouve une solution avec Petkovic, souhaiterait voir arriver sur le banc de touche des Fennecs un sélectionneur « expérimenté, ayant de préférence une certaine connaissance du football africain avec un profil de formateur. Le mieux serait de choisir un étranger, car je ne vois pas vraiment de technicien algérien ayant le niveau et les compétences pour ce poste. » Mais l’ancien coach de la JSK avoue ne pas avoir de nom précis en tête pour éventuellement succéder à Petkovic.
Enfin, Nasser Sandjak ne se montre pas particulièrement tendre avec Walid Sadi, très discret depuis l’élimination des Fennecs. « On ne l’entend pas, il ne dit rien, ne communique pas, alors qu’il devrait le faire. Il donne l’impression de vouloir sauver sa tête. Or, c’est lui le patron, et il a une part de responsabilité dans cette situation. Son travail, c’est aussi, d’expliquer les choses. » Jusqu’à maintenant, le ministre-président, dont la prise de parole est souhaitée par de nombreux supporters algériens, a préféré la stratégie de la discrétion absolue…
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