Alexander Bublik s’est forgé l’une des carrières les plus lucratives et divertissantes du tennis moderne grâce à son imprévisibilité légendaire. Services à la cuillère et coups improbables ravissent régulièrement le public. Mais alors qu’il s’apprête à disputer son tournoi à domicile, l’ATP 250 d’Almaty, après une élimination difficile en huitièmes de finale du Masters de Shanghai face à Alexander Zverev, le Kazakh adresse un avertissement étonnamment pragmatique à la nouvelle génération.
Interrogé par le média russe Championat, l’actuel 22e joueur mondial a livré une analyse particulièrement lucide de son parcours atypique. Malgré sa réputation de franc-tireur du circuit, Bublik s’est empressé de réfuter l’idée selon laquelle sa réussite reposerait uniquement sur son talent naturel et son manque de discipline.
« Je pense qu’il y aura toujours une place sur le circuit pour des joueurs atypiques comme moi, mais cette place est très limitée », a expliqué Bublik, reconnaissant que son style de jeu constitue une exception plutôt qu’un modèle. « Quoi que l’on pense de mon tennis, de mon style de jeu particulier ou de l’idée selon laquelle je m’entraînerais peut-être moins que les autres, ce ne sont pas les voies qui mènent au sommet de ce sport. »
Alexander Bublik a souligné que de nombreux espoirs mal classés, notamment ceux qui se battent autour des 200e et 300e places mondiales, nourrissent à tort l’idée qu’il échappe aisément au travail harassant imposé par le circuit ATP. Il a fermement rejeté l’image d’un joueur qui se contenterait de se présenter aux tournois, de s’entraîner deux fois moins que ses rivaux et d’obtenir malgré tout des résultats de premier plan.
« Non, la routine est la même », a-t-il précisé, insistant sur la réalité éprouvante de la compétition face aux meilleurs joueurs du monde. « J’ai simplement trouvé un moyen de survivre à cette routine tout en conservant mes émotions, positives comme négatives. Malgré les hauts et les bas, j’ai réussi à intégrer le top 10, à rester dans le top 20 et à remporter plusieurs tournois. »
Au fond, Bublik sait que son approche fondée sur l’émotion et la prise de risques ne constitue pas un modèle viable pour les professionnels en devenir. Interrogé sur son avenir après sa carrière de joueur, il s’est montré sans détour au moment d’évoquer sa philosophie d’entraîneur, s’il devait un jour embrasser cette fonction.
« Si je devenais entraîneur un jour, je n’enseignerais à personne à jouer comme moi », a conclu Bublik. « Parce que lorsque l’on s’entraîne, que l’on reste discipliné et que l’on fait tout à la perfection, les chances de réussir sont tout simplement plus grandes. »














